Les syndicats européens se mobilisent face aux crises sociale et énergétique

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iconeExtrait de l’hebdo n°3844

Le 5 octobre, à l’appel de la Confédération européenne des syndicats (CES), les organisations syndicales européennes, dont la CFDT, se sont rassemblées à Strasbourg devant le Parlement européen. Elles appellent les élus à agir face à la crise et à protéger les travailleurs.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 11/10/2022 à 12h00

Selon Esther Lynch (au centre de la photo), secrétaire générale adjointe de la Confédération européenne des syndicats, la réponse à la crise ne peut être qu’européenne.
Selon Esther Lynch (au centre de la photo), secrétaire générale adjointe de la Confédération européenne des syndicats, la réponse à la crise ne peut être qu’européenne.© flickr CES - Etuc

« Mettre fin à la crise du coût de la vie : augmenter les salaires, taxer les profits ! » Le slogan a été repris à l’unisson par les syndicalistes européens présents dans la capitale européenne. Aux côtés des Belges de la CSC et de la FGTB, des Luxembourgeois de l’OGBL, des Roumains de la CNSLR-Frăţia, des Italiens de la CISL ou encore des Suisses d’Unia venus en voisins, la couleur orange était la plus représentée. Plus d’une cinquantaine de militants de la CFDT-Alsace et de la CFDT-Grand Est ont répondu présents… à l’image des cheminots alsaciens. « Nous sommes tous concernés par le pouvoir d’achat et les conséquences de ces crises », témoigne Régis Hoffmann, secrétaire de l’Union des sections de cheminots de Strasbourg et environ. « Les prix de l’électricité et du gaz s’envolent et les conditions de vie se détériorent », complète un syndicaliste roumain.

Aucun pays de l’UE n’est épargné par l’inflation

Partout en Europe, la crise énergétique se conjugue à l’inflation et grève le pouvoir d’achat des travailleurs et des travailleuses. Elle atteint 10,1 % au sein de l’Union européenne en août 2022, avec des disparités selon les territoires. Elle est de 25,2 % en Estonie, de 17,1 % en République tchèque, de 10,5 % en Espagne, de 8,8 % en Allemagne et de 6,6 % en France. C’est d’ailleurs parce que les travailleurs et leurs familles subissent de plein fouet la hausse des prix – que ce soit pour se loger, se chauffer ou aller travailler – que les syndicats belges se mobiliseront les 20 octobre et 9 novembre prochains.

Employeurs et pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités

« Nous revendiquons des aides ciblées aux travailleurs et aux familles les plus démunis, pour soutenir leurs revenus, leur permettre de payer leurs factures mais aussi des mesures de soutien pour protéger les emplois », a lancé à la tribune Dominique Toussaint, secrétaire général de la CFDT-Grand Est, au nom de la CFDT. « Il est temps que chacun assume ses responsabilités et contribue à transformer cette crise en un élément de relance. » Un message à destination tant des gouvernements que des employeurs.

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Selon la Confédération européenne des syndicats (CES), il est urgent d’augmenter les salaires. Elle appelle au plafonnement du montant des factures de gaz et d’électricité et à la mise en place d’une taxe sur les superprofits des entreprises de l’énergie. Elle demande par ailleurs des mesures d’urgence ciblées en direction de celles et ceux qui peinent à boucler leurs fins de mois. Enfin, elle souhaite la réactivation des dispositifs de chômage partiel afin de soutenir les salariés dont les entreprises réduisent ou cessent leur activité du fait de la hausse des coûts de l’énergie.

Si elle se prononce en faveur de mesures de soutien aux entreprises, la CES demande aux États de s’assurer de la conditionnalité de ces aides publiques. Autant de messages que la CES a pu faire passer aux élus européens lors d’une rencontre avec les députés organisée à la suite de ce rassemblement. « La réponse à cette crise ne pourra être qu’européenne », conclut Esther Lynch, secrétaire générale adjointe de la CES.