Les syndicats européens exigent une loi d’urgence pour “l’accélération industrielle”

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icone Extrait de l'hebdo n°4000

Face à la hausse des coûts, aux incertitudes géopolitiques et aux ruptures des chaînes d’approvisionnement, le mouvement syndical européen a interpellé la Commission européenne, le 19 février. Il appelle à bâtir une industrie solide “made in Europe”, garante d’emplois de qualité. Cette priorité est partagée par la CFDT.

Par Guillaume LefèvrePublié le 03/03/2026 à 13h00

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© François Henry/RÉA

Les Vingt-Sept vont-ils s’entendre sur une politique industrielle européenne ? Des premiers éléments de réponse devraient être apportés dès le 4 mars du fait de la présentation du projet de loi « Made in Europe », un texte visant à protéger et à renforcer l’industrie européenne face à la concurrence mondiale (principalement états-unienne et chinoise) en conditionnant l’accès de certains financements et marchés publics à la production locale. Il prévoirait, par exemple, d’imposer aux constructeurs d’automobiles la présence de 70 % de composants européens dans les voitures électriques pour pouvoir prétendre aux aides publiques.

La présentation du texte était attendue d’abord fin janvier, puis le 23 février, mais des désaccords subsistaient entre les États membres, notamment en ce qui concerne le périmètre géographique, les secteurs et les matériaux concernés. Lesdits désaccords semblent maintenant levés. Pour la Confédération européenne des syndicats (CES), à laquelle est affiliée la CFDT, il ne faut surtout pas ralentir mais, au contraire, accélérer le mouvement. « À l’heure où l’industrie européenne est confrontée à des pressions concurrentielles sans précédent et à l’incertitude géopolitique, l’Europe a besoin d’une action décisive […], une loi sur l’accélération industrielle montrerait clairement que l’Union européenne est déterminée à défendre sa capacité de production, à renforcer les chaînes d’approvisionnement et à protéger les travailleurs des conséquences sociales de la transformation industrielle. »

Emplois sauvés à court terme, Europe forte à long terme

Alors que le projet de loi ambitionne de porter à 20 % la part de l’industrie d’ici à 2035 (contre 15 % aujourd’hui), la CES rappelle qu’il y va de l’avenir industriel de l’Europe… mais aussi de l’avenir des millions de travailleurs qui en dépendent ! « À court terme, la loi relative à l’accélération industrielle sauvera des emplois en Europe. À moyen terme, elle renforcera nos secteurs stratégiques et, par conséquent, l’ensemble de l’économie. À long terme, elle nous permettra de construire une Europe forte, fondée sur des emplois de qualité, dans laquelle les travailleurs auront confiance. »

À propos de l'auteur

Guillaume Lefèvre
Journaliste

« Il est temps de changer notre approche en matière industrielle, nous devons en finir avec la naïveté, insiste Yannick Saleman, secrétaire confédéral. L’Europe doit cesser d’être naïve, elle doit se protéger, sans se fermer ; il est primordial qu’elle reconstitue ses chaînes de valeurs et protège ses industries de base. »