Vente de SFR : le grand flou quant à l’avenir des boutiques

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icone Extrait de l'hebdo n°4022

Avec le rachat de SFR par les trois opérateurs historiques (Orange, Free-Groupe iliad et Bouygues Telecom), que deviendront les salariés ? La reprise annoncée de 120 boutiques sur 290 laisse nombre de questions en suspens. Chez les salariés, l’inquiétude domine.

Par Emmanuelle PiratPublié le 07/07/2026 à 12h00

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© Arthur Hervé/REA

Après des mois et des mois de spéculations, de rumeurs et de tractations, le consortium formé par Orange, Bouygues Telecom et Free-Groupe iliad dans la perspective du rachat de SFR est enfin sorti du bois. Un protocole d’accord, connu début juin, précise le montant de l’opération (20,35 milliards d’euros) et les modalités de partage du gâteau : sur les 290 boutiques rattachées au groupe Altice1, 120 seront reprises, une quarantaine pour chaque repreneur.

Chez les salariés, les interrogations affluent. « On est tous à se demander : “Est-ce que je ferai partie des 120 ?” », explique Hamza Aouady, 42 ans, responsable de la boutique SFR du centre commercial d’Arcueil (Val-de-Marne) et élu CFDT au CSE. « Que vont devenir nos boutiques, que vont devenir nos emplois ? Quelles propositions d’accompagnement des salariés qui ne seront pas repris ?, s’interroge pour sa part Maurice Audibert, conseiller en vente dans une boutique SFR de Libourne (Gironde / Nouvelle-Aquitaine) et délégué syndicat CFDT. Et pour ceux dont la boutique sera reprise, on ne sait pas encore par quel opérateur… », précise ce militant entré il y a vingt ans chez SFR. Ce « grand flou » empêche chacun de se projeter dans l’avenir, sauf à espérer « partir avec un chèque ». Une perspective que ne partage pas Maurice. « J’essaye de communiquer sur les dispositifs de formation, de reconversion… »

Une chute de l’activité et des rémunérations

Pour l’heure, et tant que l’Arcep (l’autorité de régulation et de la concurrence) n’aura pas définitivement donné son feu vert à l’opération (sa décision est attendue d’ici à un an), la garantie d’emploi des salariés des boutiques semble assurée – mais pas leur rémunération ! Ces derniers sont en effet rémunérés sur la base d’une partie fixe à laquelle s’ajoute une part variable, dépendante de leurs résultats. Or « depuis l’annonce du rachat, l’activité des boutiques a considérablement chuté, explique Hamza. Les clients viennent surtout parce qu’ils s’inquiètent de ce que va devenir leur abonnement. Et le nombre de ceux qui nous rapportent leur box augmente nettement ; habituellement, on comptait un retour par semaine. Là, on en est à dix par jour ! ».

À propos de l'auteur

Emmanuelle Pirat
Journaliste

Cela se traduit par de fortes réductions de salaire sur la feuille de paye des vendeurs. « Certains de mes collègues ont perdu de 20 à 30 % de leur rémunération », estime Maurice. Une situation qui ne devrait pas s’améliorer, et que dénonce la CFDT. « Nous ne pouvons pas continuer à travailler dans un tel flou », rappelle Olivier Pinto, délégué syndical central de SFR Distribution. Dans le cadre des tractations, purement économiques dans l’immédiat, Olivier tient à rappeler le rôle des salariés des boutiques. « Nous sommes un lien humain essentiel. Derrière chaque contrat, il y a une histoire, et nous en faisons partie. » Pendant ce temps dans les négociations, on attend que la situation des personnels soit réellement prise en compte !