Unédic, retour dans le vert

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iconeExtrait de l’hebdo n°3828

Après deux années de déficit, et malgré un contexte de profonde incertitude économique, le régime d’assurance chômage confirme un retour aux excédents, avec un solde total positif d’une dizaine de milliards d’euros d’ici à 2024.

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 14/06/2022 à 06h00

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© Unédic - DR

Annoncées au lendemain du déclenchement de la guerre en Ukraine, les perspectives financières d’il y a près de quatre mois méritaient d’être affinées pour tenir compte de la situation tant économique que géopolitique. C’est désormais chose faite, même si « la guerre en Ukraine, les pressions inflationnistes et l’éventualité d’un futur regain épidémique entourent les prévisions pour 2022-2024 d’un voile d’incertitude », prévient l’Unédic dans un communiqué.

L’amélioration de 2021 et 2022 est d’abord liée à la fin des mesures d’urgence et, dans une moindre mesure, à l’amélioration de la situation de l’emploi et à l’entrée en vigueur de la réforme de l’assurance chômage. Une baisse des dépenses pour le régime qui s’accompagne d’une hausse des recettes liées à une masse salariale (du fait de l’inflation) plus forte.

Évaluation de la réforme

La dette, qui avait atteint un record à la fin 2021 (à 63,3 milliards d’euros), devrait amorcer sa décrue dès cette année. Comment celle-ci sera-t-elle remboursée, et par qui ? « De fait, l’accroissement de la dette de ces deux dernières années est lié pour plus de la moitié au financement de l’activité partielle pendant la crise Covid, dont l’Unédic a financé le tiers, rappelle sa présidente (CFDT), Patricia Ferrand. La question mérite d’être posée. » Quant aux effets de la réforme sur la situation financière du régime, l’heure du bilan n’est pas arrivée. Le comité de suivi annoncé par l’État ne s’est pas encore réuni. Ce qui pourrait pousser les partenaires sociaux à reporter l’ouverture de la négociation de la prochaine convention d’assurance chômage, qui doit entrer en vigueur au 1er novembre 2022.

Car, pour l’heure, les partenaires sociaux n’ont pas reçu de document de cadrage du gouvernement – comme le prévoit la loi depuis 2018. Interrogé à ce sujet lors d’une rencontre devant l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis), Laurent Berger, qui n’a pas l’intention de « négocier sous la contrainte », appelle à « redéfinir nos terrains d’actions et de décisions sur l’assurance chômage ». Et il prévient : « Si c’est pour que les partenaires sociaux fassent ce que le gouvernement leur demande de faire, cela ne m’intéresse pas. » Quoi qu’il en soit, les organisations syndicales et patronales devraient en savoir plus assez rapidement, le délai de transmission du document de cadrage étant fixé à la fin de ce mois.