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La démocratie, notre force
Un repère démocratique en ces temps incertains.Telle est l’image renvoyée par la CFDT lors de ce congrès, à n’en pas douter, réussi.

Que retenir de ce 51e congrès de la CFDT ? Tout d’abord que la canicule qui s’est abattue toute la semaine sur Bordeaux n’aura entamé ni la détermination ni la bonne humeur des congressistes. Mais le plus important est, bien entendu, que le congrès a donné à voir une CFDT courageuse qui, dans une période où la démocratie vacille, constitue un repère solide. Une CFDT forte de sa cohésion interne, qui assume les divergences sans se fracturer. Il suffit pour s’en convaincre de se pencher sur les résultats des votes avec un rapport d’activité adopté à 86,65 % et deux résolutions validées à 83,40 % et 87,29 %.
Une double feuille de route ambitieuse
« La CFDT dispose désormais d’une double feuille de route ambitieuse pour les quatre années à venir : continuer de transformer notre organisation afin d’améliorer notre proximité auprès des travailleurs ; instaurer plus de démocratie au travail et dans la société », résume Marylise Léon, confortée comme secrétaire générale au sein d’un Bureau national et d’une Commission exécutive (CE) largement renouvelés. Trois secrétaires nationaux ont en effet raccroché à l’occasion de ce congrès (lire ci-dessous).
« Plus forts pour conquérir de nouveaux droits »
Une CFDT unie et renforcée, donc, mais également rajeunie, comme le montrent les taux très importants de primo-congressistes et de délégués de moins de 35 ans qui ont participé à ce congrès. Et cette CFDT confiante, solide sur ses fondamentaux, fidèle à ses valeurs, peut affirmer haut et fort par la voix de sa secrétaire générale qu’à moins d’un an de la présidentielle, « il n’y aura jamais de compromis possible avec l’extrême droite ! ». Comme l’a martelé Marylise Léon lors de son discours de clôture, sous les applaudissements des congressistes, ce congrès aura démontré combien notre organisation reste cette force démocratique capable de débattre et trancher, cette force démocratique qui peut aujourd’hui se tourner sereinement vers l’avenir.
« Dans les mois qui viennent, nous devrons être solides. Notre collectif devra tenir. Notre force militante devra tenir. Et je vous le dis comme je le pense, jouer en défense, c’est parfois confortable… mais ça n’évite pas de se prendre un but. Alors nous passerons à l’offensive ! », assure la secrétaire générale.
L’un des premiers défis à relever pour l’organisation à présent, c’est de réussir les élections fonctions publiques de décembre 2026. L’ambition est claire : redevenir la deuxième organisation syndicale chez les agents publics. Mais, de manière plus générale, les militants CFDT devront être « plus forts pour conquérir de nouveaux droits pour les travailleurs et les travailleuses. Plus entendus. Plus présents dans le jeu démocratique », a insisté Marylise Léon devant une salle conquise. Visiblement, le message a été reçu cinq sur cinq !
Ils quittent la Commission exécutive…
: Jocelyne Cabanal
« Une force de travail phénoménale »
« Jocelyne, c’est une intelligence incroyable et une capacité de travail hors norme. Entre nous, nous avions coutume de dire qu’elle avait deux cerveaux pour être capable de prendre en charge autant de dossiers. » Louis Baron, ancien secrétaire général de la CFDT Bretagne, ne tarit pas d’éloges vis-à-vis de celle avec qui il pilota la région – avant qu’elle ne rejoigne la Confédération, en juin 2014, à la demande de Laurent Berger.
À la commission exécutive, elle a pris en charge la protection sociale… avant que son portefeuille ne s’élargisse progressivement au juridique et à la trésorerie. « Je ne pouvais pas refuser une telle proposition, se souvient-elle. J’avais l’occasion de peser sur les sujets qui sont au cœur de mes engagements. »
Lorsqu’elle était encore ingénieure chez Orange, à Rennes (Ille-et-Vilaine), elle militait déjà afin que la parentalité ne soit pas un frein à l’épanouissement professionnel.
Elle ira même jusqu’à créer une crèche interentreprises innovante où les enfants de réfugiés côtoient les enfants des salariés du bassin d’emploi… dans une belle harmonie. « La petite enfance peut et doit devenir un lieu de mixité sociale », insiste-t-elle au moment de passer la main à une nouvelle génération à la tête de la CFDT.

: Olivier Guivarch
« Le souci du détail »
Des rayons de la librairie La Procure à la commission exécutive de la CFDT, Olivier Guivarch aura eu mille et une vies. Avec, toujours, la même exigence et la même humanité.
« Olivier, c’est une personnalité hors du commun », résume Véronique Revillod, avec qui il a fait ses armes à la Fédération des Services. Libraire de métier, il manie les mots et les références littéraires comme personne. « Il a systématiquement eu à cœur de faciliter les échanges et de faire en sorte que chacun trouve sa place. » Lorsque Marylise Léon l’invite à rejoindre la Commission exécutive, en 2023, elle lui confie les dossiers de l’emploi, du Pacte du pouvoir de vivre et de la démocratie. Trois années aussi intenses qu’instructives s’ensuivirent. « J’ai été un enfant gâté avec trois négociations interprofessionnelles en trois ans, dont une comme chef de file ! »
Et pas n’importe laquelle… « Il a eu la lourde tâche de négocier l’assurance chômage au moment où le gouvernement a introduit un maximum de contraintes », résume Yvan Ricordeau, secrétaire général adjoint, qui salue un humaniste avec des convictions très fortes concernant le respect des valeurs.
Ses convictions, il les met aujourd’hui au service de ses missions au sein du groupe Oasys & Cie (Diot-Siaci), cabinet de conseil RH.

: Luc Mathieu
« L’exigence intellectuelle »
« Luc n’est pas la grande gueule, celui qui l’ouvre à tout bout de champ. Mais, dans ses interventions, on reconnaissait la précision, la rigueur de celui qui avait travaillé ses dossiers », se souvient Véronique Descacq, ancienne secrétaire générale adjointe de la CFDT – qui a longtemps côtoyé Luc, de la commission de branche Banques Populaires (ils s’y sont connus dans les années 90) jusqu’à la Confédération, en passant par la Fédération Banques et Assurances (FBA).
Cette qualité a fait de lui un homme apprécié pendant toute sa carrière militante, au fil de ses nombreux mandats. Entré à 25 ans dans une agence de la Banque Populaire de Lyon, comme guichetier, il adhère à la CFDT dès sa première semaine en poste et prendra rapidement des responsabilités et des mandats.
« On est toujours venu me chercher, je n’avais pas de plan de carrière », indique Luc, dont la discrétion est reconnue par tous ceux qui ont travaillé à ses côtés. Successivement délégué du personnel, délégué syndical puis négociateur de branche et secrétaire général de la FBA, il est appelé en 2021 à la commission exécutive confédérale (où il est chargé des rémunérations, des TPE, du numériqueet de l’intelligence artificielle).
Alors qu’il quitte la Confédération, Luc est satisfait d’avoir « réussi à inscrire le sujet de la culture dans le texte de résolution ». Car Luc, militant convaincu, est un homme qui croit profondément aux vertus émancipatrices de la culture. À ce grand lecteur et ce cinéphile exigeant, nous souhaitons une retraite pleine de découvertes culturelles !
