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Extrait de l'hebdo n°4021
En décembre auront lieu les élections professionnelles dans les trois fonctions publiques – un scrutin déterminant en ce qui concerne le calcul de la représentativité. Pour la CFDT, l’enjeu consiste à reprendre sa deuxième place. Dans les sections syndicales, on prépare activement la campagne, comme l’a d’ailleurs montré un des temps forts du congrès de Bordeaux.

« Ça sert à quoi de voter ? On ne voit pas les améliorations. » « Je n’ai pas le temps d’aller voter. » « Les syndicats, vous faites toujours plein de promesses… et après on n’en voit pas la couleur. » À toutes ces remarques et questions, les militants CFDT des fonctions publiques se préparent à répondre. Car, ils le savent, la campagne des élections – elles auront lieu du 3 au 10 décembre 2026 – ne sera pas de tout repos. Ils auront à convaincre une grande partie des 5,7 millions d’agents qui travaillent dans les trois versants de la fonction publique (État, hospitalière et territoriale), à rappeler l’importance d’aller voter et à insister sur le rôle indispensable de leurs représentants syndicaux.
Un vrai défi, auquel était consacré un temps spécifique, lors de la dernière matinée du 51e congrès confédéral. Émaillé de nombreux témoignages de militants et d’équipes syndicales, il permettait d’entendre différents arguments types sur lesquels s’appuyer. « Pas le temps d’aller voter ? D’abord, voter, ça prend moins de deux minutes et, en deux minutes, tu pèses pour des années ! », argumentait l’un d’eux à la tribune, en réponse à un supposé agent visiblement trop pressé. « Mais la vraie question est la suivante : “Est-ce que tu choisis ou est-ce que tu subis ?” », ajoutait une autre militante.
Des témoignages inspirants
Le responsable de la section de la ville de Marseille (16 000 agents) a également livré son témoignage, en expliquant comment il avait littéralement ressuscité une section CFDT dans un fief « où nous n’étions même plus représentatifs ». Grâce à l’appui du dispositif ARC (Accompagnement Ressources Conseil), mis en place par la Confédération en vue d’aider les équipes syndicales, « nous avons pu restructurer notre action, recréer une section et relancer une dynamique ». Le développement est à nouveau au rendez-vous.
En prévision des élections, les membres de la section multiplient les actions de terrain : tournées des services, afterworks, journée « Réponses à emporter »… Et une opération de phoning est prévue « les derniers jours avant le scrutin, pour rappeler aux agents l’importance d’aller voter ».
Proximité et efficacité
Au Centre hospitalier George-Sand (un hôpital psychiatrique comptant 1 400 agents sur trois sites), à Bourges (Cher / Centre-Val de Loire), une immense déconvenue à l’issue des élections de 2022 a poussé la CFDT à réagir. « Lors de ces élections, nous avons perdu la majorité… à quelques voix près. Il fallait rebondir ! Nous avons donc décidé de redéfinir une stratégie pour revenir sur le terrain », a expliqué Habiba Azouzi, la secrétaire générale du Syndicat Santé-Sociaux du Cher.
Tournées de proximité, de jour comme de nuit [la CFDT est d’ailleurs la seule organisation syndicale à effectuer ces tournées de nuit] ; actions de visibilité « vis-à-vis des soignants comme des administratifs » ; information régulière (et efficace !) des agents, « maintien du lien direct avec les adhérents » et plein d’autres petites attentions… Par exemple, venir spécialement dans les services le 8 mars (un dimanche cette année), journée internationale des droits des femmes… Tous les moyens visant à se rendre incontournables ont été déployés ! Sans oublier différents outils spécifiquement créés afin de limiter le plus possible l’absentéisme : des vidéos expliquant pourquoi voter ou une notice permettant de comprendre comment voter… Avec un nombre d’adhérents passé de 80 en 2022 à 127 en 2026, la section peut ainsi compter sur un collectif plus étoffé pour mener campagne !
La CFDT dans la rue à la rentrée ?
Les militants le savent : il y a d’un côté ce qu’ils peuvent faire sur le terrain et, de l’autre côté, les contextes général et budgétaire sur lesquels ils ont très peu de prise. Pendant le 51e congrès, la semaine dernière, c’est la Confédération, par la voix de Marylise Léon, qui est montée au créneau. Elle a annoncé à la tribune que si le rendez-vous salarial du 6 juillet n’apportait pas d’avancées concrètes, « la CFDT [serait] dans la rue le 29 septembre ». À n’en point douter, cette fin d’année 2026 sera sous le signe des fonctions publiques !
L’intersyndicale fonctions publiques appelle à la mobilisation
D’un côté, il y a l’impatience des agents des fonctions publiques lassés de promesses non tenues. De l’autre, il y a un gouvernement qui fait la sourde oreille et reporte inlassablement les mesures de pouvoir d’achat. Les organisations syndicales des fonctions publiques ont donc décidé d’agir et appellent à la mobilisation, le 29 septembre, pour les salaires des agents publics. « Ni l’activation de l’indemnité différentielle ni les mesures ponctuelles sur les frais de déplacement ne remplacent une revalorisation générale des rémunérations, à commencer par le point d’indice », affirment ces organisations dans un communiqué commun publié le 24 juin. D’autres revendications complètent la liste, telles que la refonte des grilles indiciaires, le rétablissement du versement de la garantie individuelle de pouvoir d’achat ou l’abrogation du jour de carence… L’intersyndicale considère que « le calendrier budgétaire ne peut servir de prétexte à différer encore les réponses attendues par les agentes et les agents publics ».