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Extrait de l'hebdo n°4023
Les organisations syndicales représentatives des fonctions publiques ont été reçues par leur ministre de tutelle, le 8 juillet, pour un “rendez-vous salarial”. Quelques annonces ont été faites mais elles sont nettement insuffisantes, regrette la CFDT Fonctions publiques.

Les agents devront attendre avant de voir leur pouvoir d’achat progresser. Lors d’un « rendez-vous salarial » avec les organisations syndicales représentatives des fonctionnaires, qui s’est tenu le 8 juillet, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a annoncé qu’il n’y aurait de revalorisation générale du point d’indice ni en 2026 ni en 2027.
Quelques mesures ciblées (si le budget 2027 est adopté par le Parlement…) ont toutefois été mises sur la table concernant la progression des carrières, l’amélioration de la prise en compte de l’expérience lorsqu’une personne rejoint la fonction publique et les quotas de promotion interne. Le gouvernement souhaite également lancer un chantier visant à mettre fin à l’indemnité différentielle – laquelle vient compenser les traitements de base qui se situent en dessous du Smic, en intégrant cette indemnité sous la forme de points dans les échelons concernés.
Pas d’avancées suffisantes en matière de pouvoir d’achat
« Nous ne pouvons pas dire qu’il n’y a rien, résume Laure Revel, la secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques, mais ce n’est vraiment pas assez. Ce n’est pas à la hauteur de la situation et de l’engagement des agents. » Et de rappeler que, depuis le 1er juin et la dernière augmentation du Smic, 862 000 agentes et agents perçoivent un traitement de base inférieur au salaire minimum. Les demandes de la CFDT et des autres organisations syndicales étaient très différentes de ce que le ministère a proposé. Outre une revalorisation du point d’indice, elles demandaient le retour de la garantie individuelle de pouvoir d’achat (Gipa), la fin de la retenue de 10 % sur salaire et du jour de carence en cas d’arrêt maladie. Ces aspects n’ont pas été évoqués lors de la réunion du 8 juillet…
Les organisations syndicales suggéraient enfin le lancement d’un profond chantier relatif aux grilles indiciaires pour contrer le tassement provoqué par les augmentations du Smic et la perte de perspective de carrière qui en découle. « Actuellement, une personne qui entre en catégorie C premier grade peut rester dix-neuf ans au Smic. Elle passe les échelons mais cela ne change rien sur sa fiche de paie ! », souligne Laure Revel. Est-ce que l’intersyndicale a été entendue sur ce point eu égard au chantier annoncé par le ministre ? Pas vraiment.
« Remplacer l’indemnité différentielle que les agents touchent quand ils sont en dessous du Smic en points d’indice ne résoudra pas les problèmes de tassement des grilles. Et, financièrement, ça ne coûtera rien. Le seul avantage réside dans le calcul de la pension de retraite des agents car, actuellement, cette indemnité différentielle n’est pas prise en compte », précise Laure Revel, qui ajoute ne pas avoir obtenu plus de détails à ce stade concernant ces annonces, mis à part que certaines mesures ne seront pas généralisées aux trois versants, « ce qui limite leur portée ».
Face à ces annonces décevantes, la CFDT Fonctions publiques, avec le reste de l’intersyndicale, appelle à la grève le 29 septembre prochain dans les trois fonctions publiques et partout sur le territoire national.