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La démocratie, notre force
Au terme de deux jours d’interventions, le rapport d’activité de la mandature a été adopté à 86,65 %. Dans sa réponse aux syndicats, Marylise Léon a réaffirmé quelques-uns des principes fondamentaux qui font la CFDT.

Le monde que nous connaissions est en train de disparaître. Demain, c’est aujourd’hui. Et face à cela, deux attitudes : subir ou peser. Nous avons choisi de peser. Parce que nous sommes un collectif fort. Parce que nous sommes une maison où l’on débat, où l’on tranche et où l’on avance ensemble
Les retraites, une victoire
À vous écouter, j’ai ressenti de l’émotion et une grande fierté […]. La marée orange, la fraternité, des manifestations et le leadership de la CFDT. Cette ténacité a fini par payer, avec la suspension de la réforme [des retraites]. C’est une victoire, une porte que l’on a ouverte pour construire autrement l’avenir de nos retraites.
“Il faut créer un vrai rapport de force avec les salariés. Il faut réinventer la mobilisation des travailleurs et des agents sur les rémunérations.”
Leadership syndical
Vous avez montré une CFDT qui assume pleinement d’être la première organisation syndicale de notre pays. Cette responsabilité, nous l’exerçons aussi chaque jour en jouant notre rôle dans le débat public. Un rôle profondément politique mais pas partisan. Nous nous inscrivons dans le débat public pour porter la voix du travail. Dans une société plus juste, ouverte, fraternelle, qui respecte les droits de chacun et chacune, une société qui permet l’émancipation de toutes et tous.
Extrême droite
Dans la mandature, la lutte contre les idées d’extrême droite est montée d’un cran et le pouvoir de celle-ci aussi. Serions-nous donc alors contraints maintenant à dialoguer avec les élus d’extrême droite ? Je l’ai dit, je vous le redis : sur le terrain des valeurs contraires à nos statuts, il n’y a pas de compromis possible […]. Face à l’extrême droite, il n’y a pas d’espace pour la dispersion. Nous luttons aujourd’hui et nous lutterons demain.
Le pouvoir d’achat
Durant la mandature, la Confédération a agi pour améliorer le champ de la négociation salariale, avec l’accord sur le partage de la valeur, la conférence salariale de 2023, la directive sur la transparence salariale. Mais les augmentations se décident dans les branches et les entreprises. Il faut créer un vrai rapport de force avec les salariés.
Il faut réinventer la mobilisation des travailleurs et des agents sur les rémunérations. Tous les niveaux de notre organisation doivent s’y investir. Le travail ne peut pas continuer à être le perdant du partage des richesses.
Emploi
Ces derniers mois, les plans sociaux et les restructurations ont frappé de larges pans de notre économie, l’industrie mais aussi les services, des grandes aux très petites entreprises. Alors, nous disons au patronat : c’est votre job d’anticiper, de dialoguer, de former, de reconvertir ! L’accord national que nous avons négocié sur les reconversions doit maintenant concrètement s’appliquer. Au gouvernement nous disons qu’il faut renforcer le poids des représentants du personnel lors des restructurations avec, surtout, en amont, de véritables négociations sur l’emploi.
LA CFDT de demain
Préparer l’avenir, c’est préparer celles et ceux qui le porteront après nous […]. Les jeunes ont la parole, ils ont l’engagement, ils ont l’exigence. À nous, maintenant, de leur faire de la place. Acceptons qu’ils fassent autrement que nous, qu’ils nous bousculent, qu’ils nous transforment. La place des femmes, elle, ne pose pas la même question. Il ne s’agit pas d’une relève à organiser mais d’une égalité à conquérir. Une organisation qui se prive des femmes se prive de la moitié de sa force.
Radicalité
“Dans une époque qui somme chacun de choisir son camp et de hurler avec lui, tenir la nuance, c’est tout sauf mou.”
Notre force, ce n’est pas la démagogie, c’est le sérieux de notre action et de notre militantisme. Manquons-nous de radicalité ? […]. Pour nous, la vraie radicalité, c’est d’assumer la nuance. C’est d’assumer le dialogue avec celles et ceux avec qui nous ne sommes pas d’accord. Dans une époque qui somme chacun de choisir son camp et de hurler avec lui, tenir la nuance, c’est tout sauf mou. C’est l’engagement le plus exigeant qui soit. Voilà notre radicalité : ne renoncer ni à nos convictions ni au dialogue. […] Notre meilleure arme, ce n’est pas un slogan, ce n’est pas une personne, c’est notre collectif. Ce sont nos militants, dans chaque entreprise et administration, chaque service, chaque territoire. C’est vous !