“Un nouveau contrat social”, premier enjeu du syndicalisme international

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iconeExtrait de l’hebdo n°3849

Du 17 au 22 novembre, Melbourne accueillera le cinquième congrès de la Confédération syndicale internationale (CSI). C’est un rendez-vous important pour la CFDT tant l’engagement et la solidarité internationale sont liés à l’histoire de notre organisation.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 15/11/2022 à 13h00

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© ITUC-CSI

Après le Danemark, en 2018, c’est au tour de l’Australie d’accueillir les représentants des syndicats du monde entier. Structure ayant vu le jour en 2006, la Confédération syndicale internationale (CSI) fédère 332 organisations affiliées dans 163 pays et représente 200 millions de travailleurs. Ces dernières années, les droits syndicaux et, plus largement, les droits des travailleurs ont été rudement entravés et les libertés syndicales bafouées dans de très nombreux pays où se succèdent (voire se superposent) les crises économiques, sociales, sanitaires et démocratiques.

De la force du mouvement syndical

« Aussi avons-nous besoin d’un mouvement syndical international fort pour faire face aux défis qui sont devant nous. C’est indispensable pour que les travailleuses et les travailleurs ne soient pas les grands oubliés de ces transformations », affirme Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT et président de la Confédération européenne des syndicats (CES), à la veille de l’ouverture du congrès. « L’enjeu démocratique est aussi très fort. Nous devons lutter contre les populismes et l’extrême droite, qui minent nos démocraties, notamment en Europe, en ne cessant de rappeler que ce sont les ennemis des travailleurs et des valeurs défendues par le syndicalisme international. »

C’est dans ce contexte global et incertain que la solidarité syndicale prend tout son sens. Et c’est d’ailleurs ce qui a conduit la CFDT, dès août 2021, à répondre à l’appel de la CSI quand il s’est agi de venir en aide aux syndicalistes afghans du NUAWE (Syndicat national des travailleurs et employés afghans) après le retour des talibans au pouvoir. C’est dans la même logique que la CFDT s’est mobilisée aux côtés des syndicats ukrainiens KVPU et FPU dès février 2022. Et encore au nom de cette solidarité qu’elle soutient les militants syndicaux de Hongkong ou d’Iran. « Nous sommes une grande famille ! », insiste Laurent Berger.

Au sortir de la pandémie de Covid – qui aura largement marqué la mandature 2018-2022 –, la CSI appelle à la mise en place d’un « nouveau contrat social » autour de revendications sur l’emploi, les droits, les salaires, la protection sociale, l’égalité et l’inclusion. « Il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire afin de mettre l’économie au service de l’humanité et sauver les personnes et la planète de la menace de destruction. Les changements doivent être globaux et bénéficier à tous les citoyen(ne)s du monde », peut-on lire dans le projet de déclaration de la CSI qui sera présenté au congrès.

Un rôle de contre-pouvoir

« Les syndicats jouent un rôle de contre-pouvoir face à l’exploitation, à la cupidité et à la discrimination. Les valeurs imprescriptibles de notre mouvement sont les fondements d’un monde où la paix, la démocratie, le développement durable et l’égalité pour tous sont essentiels. Un monde où les droits des travailleurs sont respectés, où les niveaux de vie sont décents et où personne n’est laissé-pour-compte. » Voilà l’urgence, alors que des millions de travailleurs sont pris au piège du travail forcé, que 160 millions d’enfants sont contraints de travailler au lieu d’aller à l’école (d’après l’Organisation internationale du travail et l’Unicef) et que deux milliards de personnes subissent les ravages de l’économie informelle et ne bénéficient d’aucune protection sociale.