Sécurité civile : “Le modèle actuel est en train de craquer”

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icone Extrait de l'hebdo n°4014

Le 27 mai dernier, les organisations syndicales de sapeurs-pompiers ont été reçues à Matignon. Ensemble, elles ont alerté le gouvernement sur le sous-financement chronique de la sécurité civile, qui la met en péril.

Par Claire NillusPublié le 09/06/2026 à 12h00

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© Sébastien Ortola/RÉA

« On nous dit que nous sommes indispensables mais les financements ne suivent pas ! », constate Guillaume Millet, secrétaire de la section du Service départemental d’incendie et de secours de la Gironde (Sdis 33) et membre de l’intersyndicale reçue à Matignon le 27 mai dernier. À l’instar des autres représentants syndicaux, il est particulièrement déçu par le Beauvau de la Sécurité civile, cette grande concertation nationale lancée en avril 2024 par le ministre de l’Intérieur afin d’adapter le modèle de sécurité civile aux nouveaux risques.

« Au terme d’une année de travaux, de consultations, d’auditions, de réunions de terrain, ce rapport reste une coquille vide et n’a été suivi d’aucun texte de loi, confie-t-il. Nous attendions plus que de simples écritures sur des projets d’orientation alors que nous devons faire face à des crises de plus en plus nombreuses (mégafeux, inondations, saturation des services d’urgence médicales…). Le modèle actuel est en train de craquer. »

Sans réponse satisfaisante de la part de leur ministère de tutelle (l’Intérieur, donc), les représentants des sapeurs-pompiers professionnels ont décidé de se mobiliser en intersyndicale et d’interpeller Matignon, où ils ont été reçus par le cabinet du Premier ministre.

Trop d’inégalités territoriales

Neuf syndicats (dont la CFDT Sdis) ont expliqué « la gravité de la situation » et souligné leur volonté d’obtenir des réponses. Selon eux, il faut retrouver le caractère régalien de leur mission de service public, aujourd’hui mis à mal. « La sécurité civile est désormais une composante majeure de la sécurité globale. Elle n’est plus un simple service parmi d’autres : elle participe pleinement de la protection des populations et de la cohésion nationale. » Or le modèle actuel s’en éloigne. Les syndicats dénoncent en cela « le désengagement de l’État au profit de la départementalisation » de ce service. Dans les faits, cette gestion engendre des inégalités dans le traitement apporté aux usagers selon les territoires ainsi que des inégalités de traitement entre les agents (écarts de salaire, différences en matière de moyens et de perspectives…).

À propos de l'auteur

Claire Nillus
Journaliste

S’il revient à l’État de construire les solutions de financement pérennes, « il est de notre responsabilité d’alerter sur le sens, la finalité et les conséquences des choix qui seront faits par le Parlement », estiment les militants. C’est dans le prochain projet de loi de finances que les syndicats placent maintenant leur espoir d’obtenir des moyens supplémentaires. Pour autant, ils n’excluent pas d’engager un mouvement social… au nom d’un service public capable d’assurer la protection de tous.