Temps de lecture 3 min
Extrait de l'hebdo n°3993

Après plus de vingt-cinq ans de négociation, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a donc ratifié ce week-end, malgré l’opposition de la France, l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay). La CFDT comme les mouvements syndicaux européen et sud-américain ont émis des réserves concernant les clauses de réciprocité sociales et environnementales de cet accord, lesquelles restent insuffisantes. Il nous faudra continuer à revendiquer l’amélioration de ces clauses, le respect des normes internationales de l’OIT et des engagements de l’accord de Paris.
Néanmoins, afin de limiter l’afflux redouté de produits agricoles ou alimentaires très concurrentiels, l’UE a négocié des quotas stricts d’importation susceptibles de bénéficier de droits de douane réduits ou nuls, au-delà desquels les droits de douane habituels s’appliqueront comme c’est le cas aujourd’hui. L’UE s’engage également à relever les niveaux de contrôles des résidus de pesticides. Ces garanties, couplées à de nouveaux engagements d’aides financières pour le secteur agricole, ont ainsi convaincu la majorité des pays européens à soutenir l’accord Mercosur.
Nous devons le souligner : cet accord offre aussi à l’industrie européenne des opportunités d’exportation accrues dans les secteurs de l’aéronautique et de l’automobile, des produits chimiques et pharmaceutiques, des plastiques, du matériel médical, de la téléphonie ou de l’informatique. La France exporte aujourd’hui pour 5,56 milliards d’euros vers le Mercosur, et l’allègement des droits de douane devrait doper ces exportations.
L’instrumentalisation caricaturale de cet accord par la classe politique française à des fins strictement électoralistes ne contribue qu’à affaiblir la position de la France en Europe et fait fi du contexte géopolitique international. Face à la remise en question par les États-Unis de leur relation avec l’UE, face à une Chine très offensive commercialement et politiquement, l’Europe a tout intérêt à renforcer ses partenariats avec d’autres régions du monde. De ce point de vue, cet accord, même imparfait, y contribue.