Le droit de grève menacé en Europe ?

temps de lectureTemps de lecture 3 min

iconeExtrait de l’hebdo n°3841

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 20/09/2022 à 12h00

« Le droit de grève ! »
« Le droit de grève ! »© Etuc-CES

« Le droit de grève pourrait être affaibli par une nouvelle législation européenne destinée à assurer que le marché unique est à même de résister à des crises », alerte la Confédération européenne des syndicats (CES), alors que la Commission européenne a publié une proposition de règlement pour un « instrument du marché unique pour les situations d’urgence » (IUMU), ce 15 septembre. Ce texte instaure des mesures d’urgence destinées à garantir la libre circulation ainsi que la disponibilité de biens et de services de première nécessité lors de toute crise future. « Crise » : ce mot et le flou entourant sa définition posent justement problème à la CES, laquelle s’inquiète du fait qu’une grève puisse désormais être considérée comme une crise.

Le respect des droits des travailleurs est essentiel

Selon la CES, l’adoption de ce texte entraînerait l’abrogation par la Commission d’un règlement existant sur le marché unique qui protège explicitement le droit de grève. « Aucune protection de ce type n’est prévue par la nouvelle législation. » C’est pourquoi la Confédération européenne des syndicats a adressé un courrier à la Commission européenne, lui enjoignant de garantir ce droit. « Toute action de grève légale menée par les syndicats ne doit en aucun cas être considérée comme une crise, et ne peut être considérée comme une raison légitime de déclencher une réaction d’urgence du marché unique. »

« Le respect des droits des travailleurs est essentiel pour l’économie sociale de marché de l’UE, assène Isabelle Schömann, secrétaire confédérale de la CES. Il ne doit jamais être considéré comme étant un obstacle au fonctionnement du marché unique. »