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Extrait de l'hebdo n°4008
Face à la dégradation des conditions de travail, à la stagnation des salaires et au recul de l’offre de soins de proximité, la CFDT Santé-Sociaux tire la sonnette d’alarme. Elle appelle à une journée d’action nationale pour défendre les salariés du secteur et garantir un accès équitable à la biologie médicale sur tout le territoire.

Les 50 000 salariés des laboratoires de biologie médicale extra-hospitaliers accumulent les difficultés : absence de revalorisation salariale depuis 2024, fermetures de sites, suppressions de postes et hausse de la charge de travail… Dans le secteur, tous les voyants sont au rouge, ou presque. « Pendant que les salaires stagnent, les chiffres d’affaires, eux, progressent ; les dividendes continuent d’être versés, précise la CFDT Santé-Sociaux, première organisation de la branche (46,06 % de représentativité). Aujourd’hui, près des trois quarts des salariés sont rémunérés au Smic ou à peine au-dessus, tandis que huit coefficients conventionnels se situent déjà en dessous de ce niveau. »
« Nous dénonçons une politique patronale guidée par la recherche des profits qui met en danger les salariés, les patients et l’accès aux soins sur les territoires, complète Ève Rescanières, la secrétaire générale de la fédération. La biologie médicale est une offre de soins, elle ne doit pas devenir un produit financier. »
Six grands groupes se partagent l’activité du secteur
La CFDT Santé-Sociaux dénonce ainsi une « financiarisation massive et structurée » du secteur. Six grands groupes – qui ont bénéficié (ou bénéficient encore) de financements publics par la Sécurité sociale – se partagent l’essentiel de l’activité. On retrouve Biogroup, Cerba Healthcare, Eurofins, Inovie, Synlab et Unilabs. Tous multiplient les opérations de rachat, de fusion, d’absorption et recourent à des montages financiers de plus en plus complexes. Début 2026, Inovie faisait ainsi l’acquisition de Novabio, un réseau de laboratoire (comptant 300 salariés) principalement implanté en Nouvelle-Aquitaine. « À la fin, ce sont toujours les salariés qui trinquent », rappelle Ève Rescanières, qui pointe « la répression syndicale et les pressions constantes exercées sur les élus de ces entreprises ».