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Extrait de l'hebdo n°4001
Une intersyndicale (dont fait partie la CFDT Santé-Sociaux) appelle 1,3 million de salariés des branches des activités sanitaires, sociales et médico-sociales (BASSMS) et de l’aide à domicile (BAD) à une journée nationale d’action. Cette mobilisation vise à dénoncer la dégradation des conditions de travail, la faiblesse des rémunérations et à exiger des mesures budgétaires rapides.

« Nous ne sommes pas loin de l’effondrement. C’est du jamais vu, avec une dégradation des conditions de travail, de la qualité de l’accompagnement et de la santé financière des entreprises. C’est l’effondrement d’un pan entier de notre société, celui de la solidarité », alerte Benjamin Vitel, secrétaire national de la CFDT Santé-Sociaux. La fédération constate en effet une multiplication de redressements judiciaires, plans sociaux et plans de retour à l’équilibre dans les structures de la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile (BAD) et de la branche des activités sanitaires, sociales et médico-sociales (BASSMS). Or, bien que tous les voyants soient au rouge, le gouvernement et les employeurs ne semblent pas prendre la mesure de la situation.
L’effondrement d’un pan entier de notre société… la solidarité
L’échec de la conférence salariale du 18 février dernier en témoigne. « Toujours rien pour les salaires ! Toujours rien pour l’amélioration des droits et des conditions de travail ! Pour le sanitaire, le social, le médico-social et l’aide à domicile, c’est sans appel : rien, sinon des déclarations d’intention et bonnes intentions », résumaient ensemble la CFDT Santé-Sociaux et ses homologues de la CGT, FO et Solidaires. Un énième coup dur pour des secteurs où, à postes équivalents, les salaires sont inférieurs de 20 à 25 % par rapport à ceux de la fonction publique hospitalière ou du secteur privé lucratif.
« Beaucoup de nos collègues nous disent que la fin du mois arrive de plus en plus tôt. Nous assistons à une vague de départs vers des secteurs ou des territoires voisins comme la Suisse, où les rémunérations sont plus attractives », déplore Dominique Heidet, délégué syndical CFDT au sein de la Fondation Arc-en-Ciel, structure du secteur sanitaire et médico-social située en Bourgogne-Franche-Comté.
« Les travailleuses et travailleurs sociaux ainsi que le financement du secteur ne sont pas une priorité pour le gouvernement », regrette Benjamin Vitel, qui rappelle que ces deux branches jouent un rôle essentiel en matière de cohésion sociale. À titre d’exemple, 90 % de l’accompagnement des personnes en situation de handicap en France est assuré par les structures associatives du secteur sanitaire, social et médico-social.
Pour une augmentation immédiate et significative des salaires
Face à cette situation, l’intersyndicale CFDT, CGT, FO et Solidaires exige une augmentation immédiate et significative des salaires ainsi que le versement et le maintien de la « prime Ségur » pour tous les personnels. Par ailleurs, l’intersyndicale estime indispensable de débloquer des financements supplémentaires, nécessaires notamment en vue de maintenir les emplois, favoriser l’embauche et la formation de personnels qualifiés et diplômés tout en améliorant les conditions de travail et les garanties collectives existantes. C’est ce que feront savoir les salariés lors de la mobilisation du 10 mars.