Conférence TER : fin des débats et rapport attendu à la rentrée

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icone Extrait de l'hebdo n°4022

La conférence TER (Travail Emploi Retraites) s’est achevée le 3 juillet après sept mois de discussions. Les garants vont à présent écrire leur rapport, attendu en septembre. Selon la CFDT, l’expérience aura été utile.

Par Jérôme CitronPublié le 07/07/2026 à 12h00

Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, lors du lancement de la Conférence, en décembre 2025.
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, lors du lancement de la Conférence, en décembre 2025.© Éric Tschaen/RÉA

Après une réforme passée aux forceps en 2023 et un « conclave » qui a échoué en 2025, la conférence TER (Travail Emploi Retraites) va-t-elle permettre d’avancer intelligemment en 2027 sur le front des retraites ? Il est encore trop tôt pour parler de succès mais l’expérience remporte, pour l’instant, l’adhésion de tous les participants. Reste à présent aux garants – le conseiller d’État honoraire Jean-Denis Combrexelle, le fondateur d’un cabinet de conseil en relations sociales Pierre Ferracci et l’ancienne ministre Anne-Marie Couderc – d’écrire leur rapport pendant l’été et d’en présenter les conclusions en septembre.

D’ores et déjà, les trois garants ont prévenu que ce document ne serait pas un texte d’accord ou une réforme clés en main. L’idée est de produire un texte qui présente l’état de la réflexion collective, montre les points de consensus et de dissensus et identifie les sujets sur lesquels il leur semble possible d’avancer… ces fameuses voies de passage qui permettraient, entre autres, de revenir sur les points les plus contestés de la réforme des retraites. Pour ce faire, ils pourront s’appuyer sur les travaux menés pendant les sept derniers mois. Les principales organisations syndicales et patronales (à l’exception du Medef, ce qui reste le point noir de l’expérience) ont pu échanger leur point de vue à l’écart des pressions médiatique et politique.

Former un tout cohérent…

L’originalité de l’exercice – et c’est ce qui a particulièrement séduit la CFDT –, c’est d’avoir lié pour la première fois le sujet des retraites à celui de l’emploi et du travail afin de former un tout cohérent. « Cette vision globale a manqué en 2023 et cela a conduit à une réforme injuste, affirme Yvan Ricordeau, secrétaire général adjoint et coordinateur de la conférence TER pour la CFDT. Il n’est pas possible de toucher à notre système de retraite sans avancer au sujet de la pénibilité, de l’organisation du travail ou encore de la qualité du management. C’est pourquoi la conférence TER est pour l’instant un exercice utile en vue des débats qui vont avoir lieu lors de la prochaine présidentielle. » La CFDT a ainsi pu défendre sa vision du monde du travail en poussant ses revendications à propos du dialogue professionnel, de l’égalité femmes-hommes en matière de santé au travail ou de la reconnaissance plus pertinente de la pénibilité. Par ailleurs, des sujets comme l’intelligence artificielle, l’insertion des jeunes sur le marché du travail ou encore l’emploi des seniors se sont rapidement imposés dans les discussions.

… Sans oublier la fonction publique

L’autre grande particularité de la conférence TER qui a été appréciée par la CFDT réside dans la prise en compte, dès le début des travaux, de la fonction publique. Cela a permis d’avoir une vision d’ensemble des questions liées au travail, à l’emploi et aux retraites… jusqu’à mettre cruellement en évidence la difficulté qu’éprouvent les employeurs publics à entrer pleinement dans cette expérience. « Ils ont eu tendance à rester en retrait, à se comporter en spectateurs davantage qu’en acteurs des discussions », analyse une participante. Cette attitude doit d’ailleurs interpeller et pourrait alimenter une réflexion utile en amont de l’élection présidentielle de 2027.

À propos de l'auteur

Jérôme Citron
rédacteur en chef adjoint de CFDT Magazine

« L’idée de cette conférence est de pouvoir peser de manière intelligente sur la prochaine présidentielle, de faire en sorte que le sujet du travail ne passe pas à la trappe ou ne soit pas abordé de manière manichéenne, d’éviter de se retrouver avec un débat sur les retraites qui se résume à un report ou non de l’âge légal, rappelle Yvan Ricordeau. Jusqu’à présent, l’objectif est rempli. » Rendez-vous en septembre, donc, pour découvrir le rapport des garants et poursuivre les discussions.