Chez SFR, les salariés en grève réclament des garanties d’emploi

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icone Extrait de l'hebdo n°4029

La majorité des 8 000 salariés de SFR étaient en grève, le 24 septembre, à l’appel de l’intersyndicale CFDT, Unsa, CFTC. Dans les rangs, l’inquiétude et la colère montent face au projet de rachat du deuxième opérateur téléphonique français par le consortium Bouygues-Free-Orange.

Par Emmanuelle Pirat — Publié le 29/09/2026 à 12h00

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© Syndheb

Une véritable marée humaine : devant le siège parisien du groupe Altice France (maison mère de SFR), le 24 septembre après-midi, plus de 2 000 salariés en grève s’étaient rassemblés. En région, dans les différents sites du groupe, le même mouvement a été suivi. « On a compté au moins 50 % de salariés grévistes sur chaque site », estime Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT de SFR, qui reconnaît avec satisfaction une mobilisation massive.

« C’est un premier avertissement face à un démantèlement conduit de manière absolument intolérable. » Le projet de rachat de SFR par les trois autres opérateurs français (Bouygues, Free et Orange) est dans les tuyaux depuis longtemps, mais les contours, eux, sont restés longtemps cachés. Les choses se sont un peu précisées au printemps, puis affinées en juin dernier, avec la présentation des grandes lignes de l’opération, notamment en ce qui concerne les modalités de reprise des salariés. Autant dire que les salariés et leurs représentants sont sous tension depuis des mois. « C’est un peu le supplice de la goutte d’eau », résume Olivier.

“Le grand flou”

Chacun des trois opérateurs a d’ores et déjà fixé le nombre de salariés qu’il comptait reprendre : 2 380 pour Bouygues, qui reprend l’activité Entreprises ; 235 pour Orange et 53 pour Free. S’y ajoutent les salariés de 120 boutiques (40 par opérateur), « soit quelque 840 salariés », selon Olivier. Mais personne ne sait dans quelle entreprise il va être transféré, et s’il fait partie des effectifs transférés. « C’est le grand flou. Du coup, les salariés ne peuvent pas vraiment anticiper, se projeter », précise Olivier. Dans les boutiques SFR, c’est la grande inquiétude. La situation préoccupe aussi énormément les salariés d’Altice Technical Services (ATS)1 : ils ne sont pas directement salariés de SFR (donc non intégrés au plan social) « mais leur activité dépend à 98 % de SFR », indique Olivier, qui souhaite que des garanties leur soient apportées.

Les négociations reprennent

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Emmanuelle Pirat
Journaliste

La question des effectifs qui ne seraient pas transférés aux trois opérateurs inquiète également. Les mesures annoncées par le consortium font état de « 3 000 personnes qui poursuivraient leur activité chez SFR, pour conduire la migration sur plusieurs années », et ce, dans une structure cogérée. Une proposition « inentendable » pour Olivier. « On va laisser ces personnes, dans une situation d’une durée indéterminée, sans aucune visibilité… En résumé, ça revient à dire “ça s’arrêtera quand on n’aura plus besoin de vous” ! C’est totalement kafkaïen et inhumain ! » Les négociations doivent reprendre, et l’intersyndicale en attend des réponses claires et surtout humaines !