Après l’arrêt des transports publics, la CFDT Martinique demande la mise en place d’un plan d’urgence

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icone Extrait de l'hebdo n°4027

Depuis le 7 septembre, la circulation des transports publics est interrompue sur l’île consécutivement aux défaillances de l’autorité de régulation des transports. La CFDT Martinique alerte sur les conséquences pour les travailleurs et demande un plan de refondation comprenant neuf priorités.

Par Guillaume Lefèvre Publié le 15/09/2026 à 12h00

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© Martinique Transport

Après l’arrêt des réseaux de transports du Nord et du Centre, le 1er septembre, celui du Sud a été suspendu, le 7 septembre. « C’est le chaos le plus complet », résume Paul-Émile Beausoleil, secrétaire général de la CFDT Martinique. Aujourd’hui, les 340 000 habitants du territoire ne disposent d’aucun moyen de transports publics. Arrivés à échéance, les marchés publics permettant aux transporteurs d’exploiter les réseaux n’ont été ni prolongés ni renouvelés par Martinique Transport1. L’opérateur se trouverait dans une situation financière extrêmement préoccupante. Or, quand le transport collectif n’est plus assuré, c’est l’ensemble de la vie économique et sociale qui se grippe, résume Paul-Émile Beausoleil.

« Un bus qui ne circule pas, c’est un salarié qui ne peut plus se rendre à son travail, c’est une personne âgée qui renonce à un rendez-vous médical ou à une démarche administrative, c’est une personne en situation de handicap qui voit son autonomie réduite et c’est une famille qui doit supporter des dépenses supplémentaires de carburant. » Selon les données de l’Insee, en 2023, un ménage martiniquais sur quatre ne possédait pas de voiture – et 51,5 % des ménages n’en détenaient qu’une.

Un accord territorial de sécurisation de l’emploi

Personne ne peut ignorer que de l’urgence de la réponse dépend la préservation de l’emploi et du tissu économique d’un territoire où 97 % des entreprises sont des TPE. Aussi la CFDT Martinique demande-t-elle l’élaboration d’un plan de refondation comprenant neuf priorités. Parmi celles-ci, la création d’un fonds d’urgence visant à assurer la continuité du service public ou l’organisation d’une conférence territoriale des mobilités associant l’ensemble des parties prenantes du secteur, dont les organisations syndicales.

À propos de l'auteur

Guillaume Lefèvre
Journaliste

La conclusion d’un accord territorial relatif à la sécurisation de l’emploi des salariés des entreprises de transports se révèle également primordiale. « Aucun salarié ne doit payer seul les conséquences d’une crise dont il n’est pas responsable. Les périodes d’activité réduite doivent être accompagnées par des mesures permettant de préserver au maximum les revenus, les compétences et les emplois », explique la CFDT Martinique. Sur place, l’inquiétude monte. Plusieurs salariés ont été placés en activité partielle et ne perçoivent que 60 % de leur salaire mensuel – une solution temporaire. Reste que l’avenir professionnel d’une partie des salariés est en jeu. Les personnes en contrat à durée déterminée ainsi que celles en CDI de moins de deux ans sont menacées de licenciement si aucune solution pérenne n’est trouvée rapidement.