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Extrait de l'hebdo n°4025
Dispositif peu sollicité pendant nombre d’années, la retraite progressive convainc aujourd’hui de plus en plus de salariés, notamment grâce aux assouplissements obtenus par la CFDT en 2023 et 2025.

La retraite progressive est-elle en train de s’installer durablement dans le paysage français ? Les derniers chiffres fournis par la Cnav (Caisse nationale d’assurance vieillesse) le confirment. Au 30 juin, on dénombrait 66 816 bénéficiaires du dispositif ; or, il y a un an, ils n’étaient que 34 798. Et, onze ans plus tôt, en juin 2015, ils n’étaient qu’une poignée. « Longtemps resté marginal, ce dispositif connaît une progression récente en lien avec les assouplissements successifs de ses conditions d’accès », explique la Cnav.
Des conditions d’entrée assouplies
Rappelons que la retraite progressive correspond à un dispositif permettant aux salariés en fin de carrière de percevoir une retraite partielle tout en continuant leur activité professionnelle à temps partiel. Longtemps, les conditions d’entrée dans le dispositif étaient drastiques, mais le législateur n’a cessé de les assouplir. Ainsi, en 2015, il est devenu possible de bénéficier de ce dispositif avant d’avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite. Puis, en 2023, le dispositif s’est ouvert à la fonction publique et aux professions libérales. Enfin, depuis le 1er septembre 2025, l’âge d’ouverture du dispositif a été abaissé à 60 ans pour l’ensemble des générations, à rebours du relèvement progressif (de 60 à 62 ans) prévu dans le cadre de la réforme des retraites de 2023. Toutefois, le nombre de trimestres exigés permettant d’entrer dans le dispositif reste égal à 150.
Si, selon la Cnav, cette forte croissance du dispositif s’explique principalement par des assouplissements successifs, la caisse note aussi, certes, dans une moindre mesure, un « effet génération » : les salariés nés entre 1963 et 1966 sont un peu plus nombreux à en profiter que les générations précédentes.
Un outil intéressant pour les salariés proche du départ à la retraite
La CFDT – qui soutient résolument ce dispositif et n’a cessé de se mobiliser afin qu’il puisse bénéficier à un maximum de travailleurs – voit dans ces données chiffrées une validation des orientations prises. D’ailleurs, le dispositif, encore largement méconnu du grand public, devrait monter en charge dans les années à venir. De fait, il s’agit pour la CFDT d’un « véritable outil à la main du salarié qui lui offre la possibilité d’aménager sa fin de carrière ».