Accord intergénérationnel chez Orange

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iconeExtrait de l’hebdo n°3807

Le 17 décembre 2021, Orange s’est doté d’un accord complet sur la gestion de carrières, reprenant une mesure spécifique sur les “temps de respiration” proposée par la CFDT, et des mesures facilitant l’embauche de jeunes. De quoi accompagner la nécessaire évolution du groupe en matière de GPEC.

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 18/01/2022 à 13h00

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© Eric Tschaen/RÉA

1. La CGT et la CFE-CGC n’ont pas signé cet accord.

Ce n’est certes pas le premier accord intergénérationnel signé au sein du groupe Orange, inscrivant à la fois des mesures pour aménager les fins de carrière (et permettre des départs anticipés) et pour recruter des jeunes – et ainsi équilibrer la pyramide des âges et des compétences. Mais celui qui a été signé le 17 décembre 2021 par trois organisations syndicales – CFDT, FO et Sud-PTT1 – est certainement le premier du genre à proposer un dispositif de respiration en milieu de carrière.

La possibilité de “s’absenter temporairement”

Cette mesure permettra à des salariés ayant au moins dix ans d’ancienneté dans l’entreprise de « s’absenter temporairement » – entre trois mois au minimum et douze mois au maximum – en vue de suivre un cursus universitaire, mener un projet dans une ONG ou une association, enseigner, participer à des projets de recherche, travailler quelque temps dans une start-up ou une PME « pour accélérer leur développement », précise le texte de l’accord. Pendant deux ans (le temps de l’expérimentation), cette possibilité ne sera ouverte qu’à 250 salariés (125 cadres et 125 non-cadres). Elle sera financée à hauteur de 70 % par l’entreprise (et à 100 % si les salariés complètent par leur compte épargne-temps).

La mesure est aujourd’hui largement saluée par la CFDT d’Orange, qui l’a proposée et négociée, comme « un dispositif réellement innovant, qui va dans le sens du projet CFDT de banque des temps », note Élisa Mistral, la déléguée syndicale centrale (DSC) d’Orange.

Le texte de l’accord entérine des mesures d’accompagnement de fin de carrière, permettant aux salariés éligibles volontaires d’aménager leur temps de travail pendant une période de dix-huit à soixante mois précédant leur départ en retraite. Ils pourront ainsi, s’ils le souhaitent, prendre une partie de ce temps libéré afin de s’engager dans un mécénat de compétences (c’est-à-dire en mettant leurs compétences au service d’une association ou d’une ONG).

Trois défis, dont celui des compétences

À l’autre bout de la pyramide des âges, l’accord fait la part belle au recrutement de 8 000 jeunes, avec la priorité donnée aux recrutements en alternance. Orange doit aujourd’hui répondre à trois défis, rappelle le préambule de l’accord : défis économique (changement du modèle économique), culturel (équilibre entre les fonctions et les générations) et de compétences, « afin d’anticiper et d’accompagner le développement des métiers du numérique, pour renforcer ses positions sur les activités à forte croissance comme la cyberdéfense, l’intelligence artificielle ou encore la data ».

À propos de l'auteur

Emmanuelle Pirat
Journaliste

La CFDT juge l’accord complet, équilibré, « donnant des perspectives à la fois en matière de formation, de projets accompagnés par l’entreprise, etc., dans une période où les salariés en ont vraiment besoin », indique Élisa Mistral.