À l’hôpital, les cuisiniers aux petits soins

Stéphane Foubert, militant CFDT et responsable du service restauration de l’établissement public de santé mentale de Caen, a lancé il y a six ans l’idée d’un plan alimentaire de qualité. Depuis, suivant la formule, “un repas, un soin”, les patients ont accès à des produits locaux et de saison, bénéfiques à plusieurs titres.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 02/07/2021 à 08h00

Personnels de l’établissement public de santé mentale de Caen (Calvados).
Personnels de l’établissement public de santé mentale de Caen (Calvados).©DR

Au menu du jour : sauté de canard, mousse de carotte et céleri et encore tarte aux fraises. Le point commun entre ces aliments ? « Ils sont de saison, cultivés ou produits localement », récapitule Stéphane Foubert, responsable du service restauration de l’EPSM (établissement public de santé mentale) de Caen. Les 337 500 repas servis l’année dernière (1 120 par jour) ont la particularité de provenir, en grande partie, d’un rayon de moins de 200 kilomètres. « Viandes, fruits, légumes ou poissons, nous veillons à favoriser les circuits courts, insiste avec fierté ce cuisinier et militant CFDT, qui a lancé l’idée d’un plan alimentaire de qualité au sein de l’établissement il y a six ans. Notre région ne manque pas de ressources ! Nous voulons faire en sorte que les patients accueillis [qui peuvent rester plusieurs mois dans les locaux] accèdent à une alimentation saine et équilibrée, qui rend plus agréable leur quotidien. Nous voulons leur offrir une diversité gastronomique, ce qu’il y a de meilleur, et pas simplement servir des repas industriels sans saveur. »

“En plus des bienfaits sur la santé, faire appel aux producteurs du département permet de faire des économies substantielles”

Stéphane Foubert, responsable du service restauration de l’EPSM.

« Il y a une richesse des goûts et des couleurs dans l’assiette qui permet d’éviter la redondance des menus, poursuit Klervy Stervinou, diététicienne au sein de l’EPSM. Les patients attendent ce moment. Cela les encourage à participer au temps de repas en commun et cela les aide à sortir de leur isolement. Des produits frais, en plus d’un meilleur apport nutritionnel, influent sur le psychisme », insiste la professionnelle. 

À propos de l'auteur

Guillaume Lefèvre
Journaliste

« C’est bien plus que de la cuisine, résume Virginie Barré, militante CFDT et infirmière. Cela contribue au bien-être des patients. » Autre atout non négligeable : en plus des bienfaits sur la santé, faire appel aux producteurs du département permet de faire des économies substantielles, souligne Stéphane Foubert. En ajustant ses achats en fonction de la saisonnalité et en s’appuyant sur les expériences des années passées, le service restauration a réalisé 14 000 euros d’économies entre 2018 et 2019. Et le cercle vertueux ne s’arrête pas là, parce que ces gains permettent d’améliorer encore la qualité des repas proposés aux patients. À l’image de ceux de Noël ou du réveillon, où ont été servis magrets et autres coquilles Saint-Jacques… made in Normandie, évidemment.