Salaire minimum : les syndicalistes européens revendiquent une directive ambitieuse

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iconeExtrait de l’hebdo n°3811

À la veille de la réunion informelle des ministres européens chargés du travail, de l’emploi et des affaires sociales, huit secrétaires généraux d’organisations syndicales européennes, dont Laurent Berger, signent une tribune commune. Ils appellent à poursuivre la construction de l’Europe sociale.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 14/02/2022 à 15h25

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© fdecomite-DR

« Les travailleurs européens veulent une Europe sociale forte, solidaire et protectrice », clament d’une seule voix les secrétaires généraux ou présidents de la DGB (Allemagne), de l’ÖGB (Autriche), de la CSC (Belgique), de l’UGT (Espagne), du SAK (Finlande), de la CISL (Italie), de l’OPZZ (Pologne) et de la CFDT – tous membres de la CES (Confédération européenne des syndicats). « Aujourd’hui, nous nous mobilisons pour exiger des décideurs européens un rattrapage des années de retard en approuvant d’ici à l’anniversaire du traité de Rome1 une directive européenne sur les salaires minimaux et la négociation collective la plus ambitieuse possible. » Ces propos s’affichent en une de plusieurs quotidiens nationaux dans les pays dont sont originaires les signataires – Le Monde en France, El País en Espagne ou encore Gazeta Wyborcza en Pologne.

Évoquant la « promesse partiellement tenue » de la « convergence sociale », les leaders syndicaux invitent les élus européens à passer à la vitesse supérieure. « Cette directive doit imposer aux États membres où le salaire minimum légal existe de le fixer à des niveaux décents pour que chaque travailleur et travailleuse puisse vivre dignement de son travail en Europe, écrivent les syndicalistes. Elle doit aussi préserver les bonnes pratiques déjà en vigueur dans certains pays garantissant l’autonomie des partenaires sociaux ; la directive doit aussi imposer aux États membres de définir avec les partenaires sociaux eux-mêmes les mesures nécessaires pour développer et renforcer la négociation collective dans tous les pays européens. »

Une opportunité pour l’Europe

Alors que la défiance des citoyens envers les institutions est grandissante, que les populismes nourrissent les peurs et que les europhobes ou eurosceptiques ont pu remporter quelques succès électoraux, cette directive constitue une opportunité pour l’Europe. « Elle est l’occasion de réconcilier ses citoyens avec le projet européen en légiférant pour apporter des changements perceptibles avec un impact positif. » Selon les huit signataires, le Conseil européen doit prendre ses responsabilités. « Nous appelons dès lors les institutions et les gouvernements européens à un accord à la hauteur des attentes des travailleurs et plus largement des citoyens européens. »