Réunion des partenaires sociaux sur le risque chaleur

temps de lecture Temps de lecture 4 min

icone Extrait de l'hebdo n°4021

Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a convié les partenaires sociaux le 24 juin afin de faire le point sur les mesures en vigueur face au risque chaleur. L’objectif : protéger les travailleurs sans mettre à l’arrêt le pays. Une nouvelle cellule de crise interministérielle avait lieu ce 29 juin pour dresser le bilan de l’épisode qui s’achève et de son impact socio-économique.

Par Claire NillusPublié le 30/06/2026 à 12h00

La chaleur est trop souvent sous-estimée sur les chantiers…
La chaleur est trop souvent sous-estimée sur les chantiers…© Jean-François Fort/Hans Lucas

Le 23 juin 2026 a été officiellement la journée la plus chaude jamais enregistrée en France depuis le début des mesures, en 1947. Avec 58 départements placés en alerte rouge par Météo France, 90 % de la population s’est trouvée exposée à des températures exceptionnelles. Alors que la situation actuelle pourrait durer jusqu’à la mi-juillet, le ministre du Travail et des Solidarités a jugé utile d’échanger avec les partenaires sociaux à propos des dispositifs mis en œuvre à ce jour dans le cadre de la protection des travailleurs.

Après avoir évoqué l’instruction ministérielle du 22 mai visant à renforcer les interventions de l’inspection du travail et fait état de 1 645 contrôles depuis cette date, soit « un tiers du total des contrôles réalisés en 2025 », il a rappelé la possibilité donnée aux préfets de prendre des arrêtés en vue de commencer les chantiers de construction plus tôt dans la journée et d’éviter l’activité entre 13 heures et 21 heures. Lors de ce rendez-vous, Jean-Pierre Farandou a aussi encouragé le recours au télétravail là où c’est possible (et pertinent) pour les salariés. Enfin, il a proposé de tenir des points réguliers avec les partenaires sociaux tout au long de l’été pour suivre la situation ainsi que la mise en place d’un groupe de travail afin d’anticiper et de trouver des solutions en amont de l’été 2027.

Difficile mise en pratique du décret chaleur

Dans l’ensemble, ces propositions ont été favorablement accueillies par les organisations syndicales et patronales – même si beaucoup reste à faire. La CFDT le répète : les épisodes de fortes chaleurs s’inscrivent désormais dans le fonctionnement normal des organisations de travail. Or les entreprises sont encore largement impréparées, et ce, en dépit du décret chaleur du 27 mai 2025, qui stipule que les entreprises doivent notamment aménager les horaires et les postes de travail, fournir de l’eau potable et des équipements de protection individuels adaptés. L’évaluation de ce « risque chaleur » étant laissée à l’approbation de l’employeur, le sujet doit devenir un thème de la négociation collective.

À propos de l'auteur

Claire Nillus
Journaliste

D’autant plus que « la question du travail par fortes chaleurs ne se limite pas aux secteurs de la construction, de l’agriculture et des travaux d’extérieur », rappelle la CFDT. Le 22 juin dernier, quelque 850 écoles et collèges étaient fermés, enseignants et élèves se trouvant dans l’impossibilité de travailler dans des conditions soutenables. Ces derniers jours ont également révélé que certaines situations – dans la restauration, par exemple – doivent absolument être abordées par les plans de prévention des employeurs. Un retour d’expérience est prévu après l’été, et les partenaires sociaux ont donné leur accord pour engager des travaux paritaires sur le sujet à l’automne 2026, selon des modalités qui restent à définir.