Retrait par SFR de sa demande d’homologation de PSE

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iconeExtrait de l’hebdo n°3794

Un point pour l’intersyndicale CFDT-Unsa-CFTC, mais le match n’est pas gagné : la direction de SFR a décidé, le 1er octobre, de retirer sa demande d’homologation d’un PSE qui concerne près de 2 000 postes, soit 20 % des effectifs. La direction se donne deux semaines de négociation supplémentaires avec les représentants du personnel.

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 12/10/2021 à 12h00

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© Côme Sittler/RÉA

Le bras de fer se poursuit entre la direction de SFR et l’intersyndicale CFDT-Unsa-CFTC contre le plan de réduction des effectifs qui concerne près de 2 000 salariés, soit 20 % de leur nombre total. Un point a été marqué par l’intersyndicale le 1er octobre puisque la direction a décidé de retirer sa demande d’homologation de PSE, introduite le 14 septembre auprès de la Direction régionale et interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Drieets) d’Île-de-France. Soit quelques heures avant la réponse attendue de la Drieets, qui avait trois semaines pour se prononcer.

La direction a annoncé deux semaines supplémentaires de négociation avec les représentants du personnel ; lesquels sont à la fois satisfaits de ce recul de la direction mais pas complètement rassurés quant à l’issue du match. Car depuis l’annonce du plan social, le 3 mars 2021, la bataille est âpre, y compris sur le terrain judiciaire, pour faire reculer la direction et faire annuler le PSE.

La bonne santé de l'entreprise

Dans cette perspective, l’intersyndicale invoque deux raisons essentielles.
D’une part, il manque des justifications économiques à ce plan de départs. Et elle rappelle d’ailleurs les excellents résultats économiques de SFR (hausse du chiffre d’affaires en 2020 de 2,4 %, soit 10,6 milliards d’euros, et de 3,8 % au premier semestre 2021). SFR a en outre largement bénéficié de l’activité partielle de longue durée (APLD) et des aides de l’État lors de la crise sanitaire. « La diminution des effectifs se présente comme un paradoxe devant les résultats économiques et les aides apportées », résume Xavier Courtillat, le délégué syndical central (DSC) de SFR.
D’autre part, il y a la déloyauté de la direction. « Ce plan de suppression d’emplois constitue une trahison de la parole donnée par la direction en 2020, qui lors de la consultation sur les orientations stratégiques de SFR avait affirmé qu’il n’y aurait aucun impact sur l’emploi », complète Xavier. Le tribunal judiciaire de Paris a d’ailleurs rendu un jugement favorable à l’intersyndicale le 21 septembre dernier en reconnaissant le comportement déloyal de la direction dans la conduite des négociations du PSE, et la condamnant à une amende de plusieurs milliers d’euros.

Une médiation rejetée

À propos de l'auteur

Emmanuelle Pirat
Journaliste

Les deux semaines de négociation supplémentaires seront-elles suffisantes pour que la direction revoie ses positions puis sa copie ? Les représentants du personnel restent prudents. D’autant plus que leur demande d’une médiation « organisée par les services de l’État », afin de conduire ces négociations, a été refusée par la direction. « Seule cette médiation garantirait l’organisation d’un débat apaisé, conformément à l’histoire des relations sociales au sein de SFR », rappelle l’intersyndicale. Le match n’est pas terminé…