Repartir sur de nouvelles bases

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icone Extrait de l'hebdo n°3992

Les partenaires sociaux devraient se retrouver le 7 janvier au siège de l’Unédic en présence, cette fois, de toutes les organisations patronales.

Par Anne-Sophie BallePublié le 06/01/2026 à 14h00

Les partenaires sociaux vont se retrouver le mercredi 7 janvier au siège de l’Unédic afin d’entamer les négociations relatives aux contrats courts et aux ruptures conventionnelles…
Les partenaires sociaux vont se retrouver le mercredi 7 janvier au siège de l’Unédic afin d’entamer les négociations relatives aux contrats courts et aux ruptures conventionnelles…© Unédic

La trêve des confiseurs aura-t-elle permis aux partenaires sociaux d’y voir un peu plus clair ? Début décembre 2025, la majorité d’entre eux s’étaient réunis au siège de l’Unédic afin d’entamer les discussions relatives aux contrats courts et aux ruptures conventionnelles. Mais le Medef et l’U2P avaient décliné l’invitation de la CFDT, avant d’envoyer un courrier patronal commun1 estimant « ne pas [avoir la] capacité de valider le calendrier de négociation évoqué » par les organisations syndicales et proposant leur propre calendrier de discussions. Une première réunion « technique » pourrait donc finalement se tenir ce 7 janvier en vue de poser les bases de la négociation, et non pour avancer sur le fond du sujet.

Entre-temps, quelques points ont évolué puisque le ministre du Travail a officiellement abandonné la lettre de cadrage d’août dernier – qui signait juridiquement l’ouverture d’une nouvelle négociation devant mener à de nouvelles règles d’indemnisation et de substantielles économies. Les organisations syndicales réclamaient l’abandon de cette lettre afin d’avancer sereinement sur les ruptures conventionnelles ; c’est désormais chose faite.

La réforme de 2023 évaluée

Surtout, l’Unédic a publié, le 18 décembre dernier, une première évaluation de la très contestée réforme de février 2023, cette étape clé de la stratégie du plein-emploi portée par Emmanuel Macron qui devait permettre de dégager 4,5 milliards d’euros d’économies par an d’ici à 2027, du jamais vu depuis dix ans. Le premier enseignement de cette étude est purement mécanique : en plafonnant la durée maximale d’indemnisation à dix-huit mois (contre vingt-quatre auparavant), la durée moyenne des droits a baissé de 14 %, les allocataires mobilisant deux tiers de leur indemnisation.

Le second constat était redouté par les organisations syndicales, qui n’ont cessé de dénoncer ladite réforme depuis sa mise en place. Il s’agit du nombre de personnes en fin de droits, passées de 43 000 à 71 000 en deux ans, soit une hausse de 65 %. Cette hausse se traduit mécaniquement par un recours accru à la solidarité nationale, la part de ces personnes bénéficiant ensuite de l’ASS2 étant passée de 13 % en 2023 à 20 % en 2025. Quant à savoir si l’objectif principal de la réforme tel qu’affiché par l’exécutif – accélérer le retour à l’emploi –, la note de l’Unédic se garde pour l’instant d’établir un quelconque état des lieux, renvoyant son verdict à des travaux plus approfondis dont les résultats devraient être connus d’ici à un an.

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Balle
Rédactrice en chef adjointe de Syndicalisme Hebdo

Alors même que le patronat entend, avec cette nouvelle négociation, trouver un milliard d’euros supplémentaire sur le dos des demandeurs d’emploi, cette première évaluation démontre le désastre social que provoque la course effrénée aux économies. De quoi réfréner les ardeurs patronales ? Rien n’est moins sûr…