ONF : Vigies des bois

Equipe de l'Office national des forêts Grand Est.
Equipe de l'Office national des forêts Grand Est.© Cyril Entzmann

icone Extrait du  magazine n°525

Couper, tronçonner, débarder, débroussailler, surveiller, entretenir… Les fonctions dévoluesaux agents de l’Office national des forêts (ONF) sont nombreuses. Créé en 1966, l’ONF a pour mission de « gérer » la forêt publique française, soit plus de 4 millions d’hectares, l’équivalent d’un quart des surfaces boisées de notre pays.

Par Emmanuelle Pirat Publié le 17/07/2026 à 09h05

Face aux conséquences du réchauffement climatique, le rôle des agents et leurs métiers évoluent. Les épisodes de forte de chaleur, les sécheresses à répétition, les hivers doux qui empêchent le « repos végétatif »… tous ces phénomènes épuisent les arbres, les rendant vulnérables aux épidémies, aux attaques d’insectes ravageurs et autres contaminations de champignons, menaçant tout un écosystème.

À propos de l'auteur

Emmanuelle Pirat
Journaliste

Leur profession est aussi devenue plus dangereuse : arbres morts ou branches qui cassent comme du verre, scolytes et chenilles processionnaires qui entraînent de graves allergies et de nouveaux risques professionnels… Pour autant, ces bûcherons consciencieux expriment toujours autant de passion pour un métier rude.

Travaux de sylviculture (débroussaillage) dans une forêt naturelle de chênes du Grand Est. Cette région est la seule de France où la forêt publique est plus étendue (55 %) que la forêt privée. Sur les 17,6 millions d’hectares de forêt métropolitaine, les trois quarts sont privés. Le dernier quart se partage entre les forêts domaniales (État) et communales.
Travaux de sylviculture (débroussaillage) dans une forêt naturelle de chênes du Grand Est. Cette région est la seule de France où la forêt publique est plus étendue (55 %) que la forêt privée. Sur les 17,6 millions d’hectares de forêt métropolitaine, les trois quarts sont privés. Le dernier quart se partage entre les forêts domaniales (État) et communales.© Cyril Entzmann
Sous l’effet du stress climatique, la santé des arbres se dégrade. Ici, ce sapin dépérit. Sa cime est asséchée.
Sous l’effet du stress climatique, la santé des arbres se dégrade. Ici, ce sapin dépérit. Sa cime est asséchée.© Cyril Entzmann
Le réchauffement climatique épuise les arbres et les sols. Le manque d’eau impacte la masse foliaire des arbres (les feuilles), qui se réduit.
Le réchauffement climatique épuise les arbres et les sols. Le manque d’eau impacte la masse foliaire des arbres (les feuilles), qui se réduit.© Cyril Entzmann
Jean-Louis Gervasoni, délégué syndical CFDT pour la région Grand Est.
Jean-Louis Gervasoni, délégué syndical CFDT pour la région Grand Est.© Cyril Entzmann
Antoine Alvarez, délégué syndical central adjoint. Depuis des années, la CFDT, deuxième syndicat à l’ONF, œuvre pour l’amélioration des conditions de travail des forestiers. Elle a notamment participé à une analyse d’accidentologie afin de modifier les méthodes de bûcheronnage en vue de les adapter aux risques liés au réchauffement climatique.
Antoine Alvarez, délégué syndical central adjoint. Depuis des années, la CFDT, deuxième syndicat à l’ONF, œuvre pour l’amélioration des conditions de travail des forestiers. Elle a notamment participé à une analyse d’accidentologie afin de modifier les méthodes de bûcheronnage en vue de les adapter aux risques liés au réchauffement climatique.© Cyril Entzmann
Pour la majorité de cette équipe de forestiers, la sylviculture est une reconversion. La profession s’ouvre progressivement aux femmes.
Pour la majorité de cette équipe de forestiers, la sylviculture est une reconversion. La profession s’ouvre progressivement aux femmes.© Cyril Entzmann
Travaux de dégagement sur une parcelle replantée de pins laricio, une essence méditerranéenne plus résistante à la chaleur. Le sylviculteur débroussaille la végétation au pied des jeunes plants pour permettre leur croissance.
Travaux de dégagement sur une parcelle replantée de pins laricio, une essence méditerranéenne plus résistante à la chaleur. Le sylviculteur débroussaille la végétation au pied des jeunes plants pour permettre leur croissance.© Cyril Entzmann
Le technicien forestier détermine et marque les arbres à couper.
Le technicien forestier détermine et marque les arbres à couper.© Cyril Entzmann
La forêt est devenue plus dangereuse : les bûcherons doivent être très vigilants. Les arbres secs, les branches mortes causent régulièrement des accidents. « Le dépérissement de la forêt s’apparente à une tempête silencieuse, s’alarme Jean-Louis Gervasoni. On compte autant d’arbres morts par an que lors des deux tempêtes de 1999. »
La forêt est devenue plus dangereuse : les bûcherons doivent être très vigilants. Les arbres secs, les branches mortes causent régulièrement des accidents. « Le dépérissement de la forêt s’apparente à une tempête silencieuse, s’alarme Jean-Louis Gervasoni. On compte autant d’arbres morts par an que lors des deux tempêtes de 1999. »© Cyril Entzmann
Les invasions de chenilles processionnaires impactent aussi les humains. Les effets urticants sont dramatiques. « Les poils de ces chenilles, ça coupe comme des lames de rasoir », raconte un bûcheron. Comme ils restent dans l’écorce, le bûcheron peut en ingérer lorsqu’il travaille sur la parcelle.
Les invasions de chenilles processionnaires impactent aussi les humains. Les effets urticants sont dramatiques. « Les poils de ces chenilles, ça coupe comme des lames de rasoir », raconte un bûcheron. Comme ils restent dans l’écorce, le bûcheron peut en ingérer lorsqu’il travaille sur la parcelle.© Cyril Entzmann
Après l’abattage, le bois est façonné et découpé sur place : la partie basse du tronc est destinée à la construction de charpente. Les parties moins nobles de l’arbre seront utilisées pour des palettes.
Après l’abattage, le bois est façonné et découpé sur place : la partie basse du tronc est destinée à la construction de charpente. Les parties moins nobles de l’arbre seront utilisées pour des palettes.© Cyril Entzmann
Le bûcheron a déterminé l’endroit de la chute de son arbre pour, à la fois assurer sa sécurité, faciliter le débardage (l’évacuation) et ne pas abîmer la « régénération » spontanée de la forêt.
Le bûcheron a déterminé l’endroit de la chute de son arbre pour, à la fois assurer sa sécurité, faciliter le débardage (l’évacuation) et ne pas abîmer la « régénération » spontanée de la forêt.© Cyril Entzmann
Chaque coupe est répertoriée sur un petit carnet.
Chaque coupe est répertoriée sur un petit carnet.© Cyril Entzmann
Signe de l’évolution des pratiques, certains bois morts sont conservés sur place comme « arbre bio pour favoriser la bio »diversité. De nombreuses espèces viennent y nicher.
Signe de l’évolution des pratiques, certains bois morts sont conservés sur place comme « arbre bio pour favoriser la bio »diversité. De nombreuses espèces viennent y nicher.© Cyril Entzmann