Ecole nationale supérieure de paysage de Versailles : Voie royale

Le Potager du roi a été construit entre 1678 et 1683, à la demande de Louis XIV, pour nourrir la table royale. Ce « Jardin remarquable » de 9 hectares (classé au titre des Monuments historiques et inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco) représente à la fois un lieu patrimonial (qui se visite) et un formidable espace de pratique et de recherche : nouvelles variétés maraîchères ou fruitières, nouvelles techniques de production, agroécologie, etc. Ici, les cultures sont intégralement en bio et sans traitements.
Le Potager du roi a été construit entre 1678 et 1683, à la demande de Louis XIV, pour nourrir la table royale. Ce « Jardin remarquable » de 9 hectares (classé au titre des Monuments historiques et inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco) représente à la fois un lieu patrimonial (qui se visite) et un formidable espace de pratique et de recherche : nouvelles variétés maraîchères ou fruitières, nouvelles techniques de production, agroécologie, etc. Ici, les cultures sont intégralement en bio et sans traitements.© Patrick Gaillardin

icone Extrait du  magazine n°523

Non, le métier de paysagiste ne se résume pas à dessiner des jardins, à embellir des espaces verts et à choisir des fleurs pour les massifs. Ce métier, à la croisée de multiples disciplines, artistiques et techniques, est bien plus que cela ! Moins connu et moins bien compris que le métier d’architecte ou d’urbaniste, celui de concepteur paysagiste est pourtant fondamental pour la transformation de nos paysages, notamment à l’heure du dérèglement climatique.

Par Emmanuelle PiratPublié le 11/05/2026 à 12h38

En s’appuyant sur le vivant et sur les dynamiques naturelles, il propose des solutions différentes de celles de l’ingénierie pour répondre aux nouveaux risques et défis : hausse des températures, tensions sur les ressources en eau, perte de la biodiversité, érosion des sols, recul du trait de côte, risques d’inondations, etc. Au cœur du domaine de Versailles1, adossée au site du célèbre Potager du roi, l’École nationale supérieure de paysage est l’une des quatre grandes écoles en France qui délivrent le diplôme d’État de concepteur paysagiste. En son sein sont passées toutes les grandes figures du paysagisme – professeurs comme élèves. Aujourd’hui, les nouvelles pousses sont à pied d’œuvre… 

Chaque année, 70 étudiants sortent de l’ENSP (dont 50 sont issus du site de Versailles). Le cursus pour préparer le diplôme d’État est de trois ans (concours ouvert à bac + 2), cinq ans si on y suit le cycle préparatoire post-bac.
Chaque année, 70 étudiants sortent de l’ENSP (dont 50 sont issus du site de Versailles). Le cursus pour préparer le diplôme d’État est de trois ans (concours ouvert à bac + 2), cinq ans si on y suit le cycle préparatoire post-bac.© Patrick Gaillardin
: Pendant leur scolarité, les étudiants participent à des appels à projets régionaux répondant aux problématiques d’acteurs publics et de collectivités (aménagements urbains, agencements autour d’infrastructures de transport, renaturation d’espaces, etc.). Étudiant en troisième année, Antonin Lecoq (à gauche) travaille sur un projet de prévention des inondations.
: Pendant leur scolarité, les étudiants participent à des appels à projets régionaux répondant aux problématiques d’acteurs publics et de collectivités (aménagements urbains, agencements autour d’infrastructures de transport, renaturation d’espaces, etc.). Étudiant en troisième année, Antonin Lecoq (à gauche) travaille sur un projet de prévention des inondations.© Patrick Gaillardin
Les étudiants allient compétences artistiques, écologiques et techniques. « On travaille avec le vivant, pour le vivant. » Ils n’étudient pas « en chambre » mais pratiquent beaucoup l’arpentage (études de terrain, rencontre de tous les acteurs…).
Les étudiants allient compétences artistiques, écologiques et techniques. « On travaille avec le vivant, pour le vivant. » Ils n’étudient pas « en chambre » mais pratiquent beaucoup l’arpentage (études de terrain, rencontre de tous les acteurs…).© Patrick Gaillardin
Patrick Moquay est enseignant en sciences humaines et sociales, une discipline clé permettant de « comprendre le jeu des acteurs, connaître les institutions et éclairer le contexte dans lequel les étudiants vont élaborer leurs projets ».
Patrick Moquay est enseignant en sciences humaines et sociales, une discipline clé permettant de « comprendre le jeu des acteurs, connaître les institutions et éclairer le contexte dans lequel les étudiants vont élaborer leurs projets ».© Patrick Gaillardin
Préparation des animations pour la fête des 50 ans de l’école, qui se déroulera le 23 mai au Potager du roi. Les concepteurs paysagistes accompagnent les transformations des territoires, notamment pour penser l’« après-pétrole ». Aujourd’hui, nos paysages sont encore très marqués par les énergies fossiles (paysages du « tout-voiture », de l’étalement urbain, des grands champs ouverts de l’agriculture intensive…). L’ENSP abrite d’ailleurs un laboratoire de recherche réputé, le Larep (Laboratoire de recherche en projet de paysage), très actif sur ces thématiques émergentes.
Préparation des animations pour la fête des 50 ans de l’école, qui se déroulera le 23 mai au Potager du roi. Les concepteurs paysagistes accompagnent les transformations des territoires, notamment pour penser l’« après-pétrole ». Aujourd’hui, nos paysages sont encore très marqués par les énergies fossiles (paysages du « tout-voiture », de l’étalement urbain, des grands champs ouverts de l’agriculture intensive…). L’ENSP abrite d’ailleurs un laboratoire de recherche réputé, le Larep (Laboratoire de recherche en projet de paysage), très actif sur ces thématiques émergentes.© Patrick Gaillardin
Pause sous la « serre des étudiants ».
Pause sous la « serre des étudiants ».© Patrick Gaillardin
David Provost, jardinier responsable des cultures maraîchères, assure également de passionnantes visites du Potager du roi.
David Provost, jardinier responsable des cultures maraîchères, assure également de passionnantes visites du Potager du roi.© Patrick Gaillardin
Alexandra Bonnet, directrice de l’ENSP, est confiante dans l’avenir du métier de concepteur paysagiste, « un métier au service des grands enjeux de territoire [et pour lequel] la demande est croissante ». Quid d’une potentielle concurrence de l’IA ? « Ce n’est pas pour demain. Un projet de paysage, c’est plus large qu’un projet d’aménagement. Il inclut une dimension et une expérience sensibles. » Propres à l’humain, donc.
Alexandra Bonnet, directrice de l’ENSP, est confiante dans l’avenir du métier de concepteur paysagiste, « un métier au service des grands enjeux de territoire [et pour lequel] la demande est croissante ». Quid d’une potentielle concurrence de l’IA ? « Ce n’est pas pour demain. Un projet de paysage, c’est plus large qu’un projet d’aménagement. Il inclut une dimension et une expérience sensibles. » Propres à l’humain, donc.© Patrick Gaillardin