Mise en place des CSE : la CFDT ne lâche pas l’affaire

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iconeExtrait de l’hebdo n°3806

Par Philippe Portier— Publié le 11/01/2022 à 13h00

Philippe Portier, secrétaire national
Philippe Portier, secrétaire national

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Philippe Portier
secrétaire national de la CFDT

Nous le constatons tous : avec la mise en place des ordonnances travail, de nombreuses directions d’entreprise ont installé leur CSE d’une manière unilatérale (à 80 %), en en « profitant » pour se caler sur le minimum légal et réduire considérablement les moyens des représentants du personnel.

De nombreuses équipes syndicales témoignent des difficultés qu’occasionnent ces situations : la difficulté de remplir correctement la fonction de représentation, la perte de proximité avec les salariés, les difficultés à bien traiter les questions de santé, sécurité et conditions de travail et, par conséquent, une vraie inquiétude pour trouver des candidates et candidats aux prochaines élections…

Remettre l’entreprise au cœur de la négociation sociale et en même temps baisser les moyens des représentants des salariés dans les entreprises est plus qu’un paradoxe. D’ailleurs, le rapport du Comité d’évaluation des ordonnances tire le même constat. Aussi, nous ferons tout pour remettre sur le devant de la scène ce que doit être le dialogue social d’entreprise. En donnant la parole aux militants en première ligne qui vivent quotidiennement les conséquences de ces ordonnances. Mais aussi en continuant à pousser nos demandes d’évolution des ordonnances, ordonnances qui font la part belle aux patrons allergiques au dialogue social. La période de campagne électorale de la présidentielle et des législatives qui s’ouvre est propice.

Ce 10 janvier, la réunion au ministère du Travail avec l’ensemble des partenaires sociaux sur l’accompagnement et la formation des élus des CSE nous en a offert l’occasion. Nous y avons clairement réaffirmé, avec le soutien des autres organisations syndicales, que le problème ne réside pas dans les compétences des élus et leur formation mais bien dans les règles établies qui affaiblissent la capacité des élus à remplir leur mission.

Mais ne pas lâcher l’affaire pour la CFDT, cela veut dire que dans les entreprises et en anticipation du renouvellement des CSE, il faut aussi revendiquer avec force des évolutions sur la base des constats des nombreuses difficultés relevées pendant ces quatre premières années de mise en œuvre.

C’est en agissant collectivement à tous les niveaux que nous pourrons faire bouger les choses.