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Travail & handicap : la grande défiance

Faire reconnaître sa qualité de travailleur handicapé (RQTH) ne va pas de soi. Il s’agit pourtant d’une étape indispensable pour mobiliser des moyens et des aides. Les militants CFDT peuvent apporter leur soutien.

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 28/10/2022 à 09h00

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© Joseph Melin

Pour les uns, cela va de soi, c’est un droit. Pour les autres – nettement plus nombreux –, faire reconnaître son handicap est encore entaché de gêne, de nombreuses craintes aussi. Quand le handicap ne se voit pas mais qu’il est malgré tout très invalidant dans le travail, s’engager dans une démarche de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH, ex-Cotorep) s’avère complexe. 

Non pas parce que techniquement ou administrativement cela serait compliqué mais principalement « parce que dans l’inconscient collectif, côté manager comme côté salarié, être reconnu handicapé, c’est être considéré comme incapable, plus bon à rien », souligne Pascal Anglade, secrétaire fédéral chargé du handicap à la Fédération Communication, Conseil, Culture (CFDT-F3C).

« L’image du handicap dérange encore beaucoup. Les salariés veulent être “normaux”, considérés comme valides », ajoute Jean-François Kerhoas, chef de file des mandatés « santé au travail » pour la CFDT-Paca. Et les personnes atteintes de pathologies invisibles (troubles psychologiques ou psychiatriques, maladies invalidantes, diabète, suites de cancers, « dys »…) ont aussi parfois du mal à faire le lien entre le mot « handicap », associé dans notre société à quelque chose de visible, et ce qu’elles perçoivent de leur état de santé.

“Désormais, je sais que si jamais mon état de santé le nécessite, je peux demander des aménagements. Et je suis salariée protégée. ”

Laurence a obtenu sa RQTH en 2021

Alors, la plupart du temps, les salariés ou agents porteurs de handicaps appréhendent la RQTH comme une « étiquette qu’on va leur coller dans le dos », avec la crainte d’être mis sur la touche, ostracisés, voire licenciés. Ou même fichés auprès de leur employeur. « Dès qu’on leur précise que la démarche est individuelle et qu’il n’y a aucune obligation à en informer l’employeur, cela les rassure », précise Jean-Luc Rué, de la CFDT-Grand Est, qui coordonne plusieurs permanences liées au handicap et à la santé au travail.

Les bénéfices protecteurs de la RQTH

Il existe pourtant de nombreux bénéfices à la RQTH, mais ils sont largement méconnus. « Elle permet de mobiliser des aides et des moyens financiers, humains, techniques pour aménager ou optimiser le poste, aménager le temps de travail, etc. Cela signifie aussi des obligations renforcées pour l’employeur pour le maintien ou le retour à l’emploi, grâce à la mobilisation de nombreux dispositifs internes ou externes », explique Pascal Anglade.

«C’est grâce à ma RQTH que j’ai pu retrouver un emploi », témoigne ainsi Carina, 49 ans, rencontrée au Clubhouse de Paris (qui aide à la réinsertion sociale et professionnelle) – retrouvez le reportage complet ici. Après une longue période d’hospitalisation, elle a pu être embauchée en contrat d’insertion. Elle travaille désormais dans un service d’archives pour le département des Hauts-de-Seine.

Des années après un cancer de l’utérus, déclaré en 2011, qui a déclenché une incontinence brutale, qu’elle « n’a jamais pensé à associer à un handicap, [puisque elle avait] appris à vivre avec et à le gérer au quotidien », Laurence, 57 ans, a accepté d’engager une RQTH, obtenue début 2021.

«Désormais, je sais que si jamais mon état de santé le nécessite, je peux demander des aménagements. Et je suis salariée protégée. » Pour toutes ces démarches, un accompagnement est recommandé. En cela, les travailleurs peuvent compter sur le réseau des militants CFDT, très engagés sur le sujet.

Retrouvez le reportage complet au Clubhouse de Paris en cliquant ici

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