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Extrait de l'hebdo n°4032
Le ministre du Travail a écrit aux partenaires sociaux le 7 octobre dernier afin qu’ils s’entendent sur des solutions permettant de réduire l’absence au travail. Objectif : réaliser un milliard d’euros d’économies sur les dépenses de l’assurance maladie.

Jean-Pierre Farandou continue de s’interroger sur « la progression très inquiétante du nombre d’arrêts de travail ». Dans son courrier adressé aux partenaires sociaux, il dénonce 10 % d’augmentation du nombre d’arrêts maladie depuis 2019 et des dépenses qui s’envolent, à hauteur de 17,9 milliards d’euros en 2025. Si le ministre reconnaît que les causes de cette progression sont multiples, le taux de recours et la durée des arrêts sont constamment questionnés. « D’après l’OCDE, les arrêts de travail représentaient en France et en moyenne près de 21 jours d’absence en 2025 », précise-t-il.
« Plutôt que de procéder immédiatement et par voie réglementaire aux ajustements paramétriques rendus indispensables », il demande aux partenaires sociaux de négocier les modalités de maîtrise des dépenses d’indemnisation journalières.
Triple objectif
Ceux-ci devront s’accorder sur un triple objectif : renforcer la prévention en entreprise en vue de prévenir des « arrêts évitables » ; pallier la désorganisation générée par des arrêts brefs et répétés qui ne sont pas toujours possibles à remplacer ; maîtriser l’évolution de la dépense avec, à la clé, un milliard d’euros d’économies en année pleine sur l’Ondam. Dans cette perspective, ils devront réfléchir à la révision de l’ensemble des paramètres du système d’indemnisation maladie : durée d’indemnisation, plafond d’indemnisation journalière, complément employeur…
« Le cahier des charges que je leur propose, c’est de moins protéger les arrêts courts pour qu’il y ait moins d’arrêts courts et de mieux protéger les arrêts longs », a précisé Jean-Pierre Farandou sur TF1 le 15 octobre dernier. Des propos justifiés par le fait que « les arrêts courts sont mieux indemnisés que les arrêts longs ».
Responsabiliser l’employeur ?
Parmi les leviers évoqués pour réduire l’absentéisme au travail, il faudra trouver les moyens de responsabiliser l’ensemble des acteurs : les salariés qui obtiennent des arrêts jugés « de complaisance », les médecins prescripteurs mais également les entreprises sous-déclarant les accidents ou les maladies d’origine professionnelle, qui sont dans le viseur du gouvernement. La CFDT va se mobiliser (ainsi que les autres organisations syndicales) pour préserver le droit à la santé des travailleurs. Le Medef devrait également participer à cette négociation dont les conclusions sont attendues « au plus tard le 19 décembre 2026 ».