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Extrait de l'hebdo n°4031

L’Assemblée nationale entame aujourd’hui l’examen en plénière du budget pour 2027, pour lequel le Premier ministre vise 54 milliards d’euros d’économies, c’est-à-dire sensiblement plus que les préconisations de plusieurs économistes. Si un consensus s’établit sur la nécessité de réduire le déficit public, notamment afin d’éviter un effet boule de neige sur la dette, personne ne préconise un coup de frein aussi fort, personne ne considère qu’il soit faisable sans faire contribuer davantage les plus fortunés.
Pour la CFDT, le contexte macroéconomique ne peut pas amener les responsables politiques à se détourner des conditions de vie réelles de l’ensemble de la population, et singulièrement des plus fragiles. Alors que les inégalités et la pauvreté progressent, ce n’est pas le moment de fragiliser les services publics et la capacité à accompagner chacun et chacune dans son parcours de vie, dans l’accès à ses droits.
Pour la CFDT, le sérieux budgétaire, ce n’est pas renoncer à préparer l’avenir. Le sérieux budgétaire requiert de faire bouger les lignes en ce qui concerne les aides publiques aux entreprises : installer une conditionnalité sociale et environnementale plus forte, assurer une évaluation des effets des aides. Le sérieux budgétaire nécessite de rappeler aux employeurs publics et privés leur responsabilité en matière de pouvoir d’achat des ménages, surtout si on fait de la consommation le premier levier de la croissance économique. Il faut des négociations salariales fructueuses dans le public et dans le privé.
Le sérieux budgétaire impose aussi de préparer l’avenir. Il faut répondre aux revendications légitimes des jeunes, investir dans l’éducation – de la petite enfance à l’université. Il faut conduire de manière résolue des politiques dans le domaine du climat afin de s’adapter à la nouvelle donne et de mener une transition écologique juste.
Réduire le déficit pour éviter l’effet boule de neige de la dette suppose de soutenir la croissance et donc de répartir les efforts, d’agir sur les recettes en faisant davantage contribuer les plus fortunés, ménages et entreprises, pour toutes et tous mieux vivre aujourd’hui et demain.