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Extrait de l'hebdo n°4001
Publié à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le baromètre 2026 de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) relatif aux inégalités salariales entre hommes et les femmes montre que les cadres ne font pas exception.

Le taux n’a presque pas changé depuis 2015, année où il a été mesuré pour la première fois. En 2025, les hommes cadres ont perçu, en moyenne, 16 % de plus que les femmes cadres. À postes et profils identiques, l’écart chez les cadres reste de 6,8 % (il était de 7,1 % en 2024) et il augmente avec l’âge : de 3 % chez les moins de 35 %, il atteint 11 % chez les plus de 55 ans. « Un constat alarmant », selon l’Apec, qui met en avant d’autres éléments d’inégalité professionnelle, dont la part variable (part du salaire indexée sur les objectifs à atteindre), bénéficiant davantage aux hommes (57 %) qu’aux femmes (50 %). Pour la moitié des femmes cadres, ces différences créent « le sentiment de ne pas être payées à leur juste valeur ».
Un parcours professionnel plus difficile pour les femmes
En outre, les conditions d’accès à des postes à responsabilités sont plus difficiles pour elles. Actuellement, 38 % des femmes cadres sont des managers, contre 42 % parmi les hommes. Sachant, dit l’Apec, que, dès le début de leur carrière, « celles-ci mettent plus de temps à accéder à des fonctions managériales », et, lorsqu’elles y parviennent, elles encadrent souvent des équipes plus petites puisque seules 12 % d’entre elles ont la responsabilité d’équipes de plus de dix personnes, contre 21 % pour leurs collègues masculins.
Autre constat, les activités les plus rémunératrices sont très majoritairement occupées par des hommes. Par exemple, dans la production industrielle et la maintenance, où la rémunération brute médiane annuelle est de 63 000 euros, on trouve 87 % d’hommes et seulement 13 % de femmes. Pourtant, « à rebours de ce qu’on entend régulièrement sur le sujet, les femmes cadres ne sont pas freinées par leur supposé manque d’ambition », insiste l’Apec, en relevant que « plus d’un tiers d’entre elles ont, au cours des trois dernières années, pris l’initiative de demander plus de responsabilités à leur manager ».
Des ateliers Apec pendant tout le mois de mars
La transposition de la directive européenne relative à la transparence des salaires, pour laquelle la CFDT est pleinement mobilisée, pourrait faire bouger les lignes. Toutefois, bien qu’elle soit censée être transposée dans la loi française d’ici au 7 juin 2026, elle a pris du retard. Pour l’heure, dans les centres Apec pendant ce mois de mars, sont prévus différents événements1, en présentiel ou à distance, ateliers ou webinaires, dédiés à l’égalité professionnelle. Toute l’année, des actions concrètes à destination des cadres et jeunes diplômées ont lieu régulièrement afin d’aider, notamment, à négocier son salaire et à demander des augmentations.