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Extrait de l'hebdo n°4011
Publié par l’Insee, mercredi 13 mai, le taux de chômage atteint désormais 8,1 %, contre 7,4 % il y a un an.

C’est un seuil symbolique que les économistes et autres spécialistes du monde du travail scrutaient autant qu'ils ne le redoutaient. Et ce seuil est désormais dépassé. Selon les dernières données publiées par l’Insee mercredi 13 mai 2026, le taux de chômage a de nouveau augmenté au premier trimestre. Et s’établit désormais à 8,1 % de la population – mesure effectuée d'après les critères du Bureau international du travail (BIT) –, son plus haut niveau depuis 2021.
Dans le détail, le taux de chômage des 15-24 ans se replie mais reste particulièrement élevé (21,1 %) tandis qu’il augmente à 7,3 % chez les 25-49 ans (+0,4 point) et reste stable chez les seniors (5,1 %). Mais, précise l’Insee, « les bénéficiaires du RSA et les jeunes âgés de 15 à 29 ans contribuent pour près de la moitié de la hausse du taux de chômage », et ce depuis la mise en œuvre de la loi pour le plein-emploi de janvier 2025, qui prévoit l’inscription automatique de tous les bénéficiaires du RSA sur la liste des demandeurs d’emploi.
« Derrière les courbes, il faut regarder les personnes », rappelle sans cesse la CFDT. Actuellement, ce sont donc 2,6 millions de personnes qui recherchent activement un emploi (68 000 de plus qu’au trimestre précédent, indique l’Insee) auxquelles il faut ajouter 1,8 million de personnes qui ne sont pas considérées comme chômeuses parce qu’elles ne sont pas immédiatement disponibles sur le marché du travail.
Quand la conjoncture fait varier les règles d’indemnisation
Faut-il y voir le signe d’un retournement de la conjoncture économique ? Dans un communiqué, le ministère du Travail relativise : « Cette hausse intervient dans un marché du travail qui reste profondément transformé par rapport à l’avant-crise sanitaire. [Si le taux d’emploi des 15-64 ans reste] très proche de son plus haut niveau historique […] le taux d’activité atteint un nouveau point haut depuis 1975. En d’autres termes, davantage de personnes travaillent aujourd’hui en France, et davantage de personnes se présentent sur le marché du travail. »
Il n’empêche : l’objectif de plein-emploi (5 % de chômage) brandit en étendard des politiques sociales par Emmanuel Macron depuis 2022 paraît plus que jamais inatteignable, au point de relancer la question d’une modification des règles d’indemnisation de l’assurance chômage comme le prévoit le principe de contracyclicité acté dans la loi plein-emploi de 2022.
Cette règle – qui a conduit à une baisse de la durée d’indemnisation de 25 % alors que la conjoncture était favorable – prévoit aussi un complément d’indemnisation de six mois en cas de dégradation rapide du marché du travail ou lorsque le taux de chômage dépasse les 9 %. Le gouvernement, qui pensait ne jamais avoir à l’activer, pourrait bien se retrouver pris de court…