Le Cese fait sa rentrée solennelle

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icone Extrait de l'hebdo n°4027

La présidente du Conseil économique, social et environnemental a présenté la feuille de route de l’institution pour l’année à venir avec pour objectif que “les citoyennes et citoyens prennent toute leur part à la définition des choix collectifs”.

Par Nicolas Ballot — Publié le 15/09/2026 à 12h00

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© Service de presse du Cese

Grande première ce 8 septembre au palais d’Iéna : le Cese faisait sa rentrée solennelle en présence de la présidente de l’Assemblée nationale, de la première présidente de la Cour des comptes et des représentants des organisations de la société civile organisée, dont Marylise Léon pour la CFDT.

À cette occasion, Claire Thoury, élue en mai dernier présidente du Cese, a présenté un programme de travail construit sur la base des propositions des responsables des 69 organisations représentées au Conseil. Selon la présidente de la troisième assemblée de la République, cette programmation « conjugue temps long et actualités ; part des organisations […] de leur ancrage dans la société et de leur capacité à faire remonter le réel ». À l’approche d’une année politique charnière marquée par l’élection présidentielle, les travaux menés par l’institution devront « éclairer les décisions publiques sur les grands enjeux qui traversent la société française ». À ce stade, pas moins d’une cinquantaine de sujets d’avis ont été identifiés par le Cese pour la seule année 2026-2027.

Cinq thèmes de travail en 2026-2027

Ces travaux seront organisés autour de cinq grands enjeux collectivement identifiés par les organisations membres du Conseil et qui constituent, selon Claire Thoury, une « véritable boussole collective [et] reflètent les préoccupations de la société civile ».

Le Cese consacrera ainsi une part importante de ses travaux aux conditions de préservation et d’adaptation du modèle social face à la situation budgétaire de la France afin de « garantir les conditions d’une vie digne » pour tous. De même, face aux profondes mutations du marché du travail, les travaux du Conseil tâcheront de « redonner toute sa place au travail et aux compétences ». Troisième axe exposé par la présidente : « renforcer les souverainetés économique, industrielle et technologique » dans un contexte international marqué par de fortes tensions géopolitiques et les dépendances stratégiques. En outre, le Cese confirme son objectif de « réussir une transition écologique juste », ce qui passe par la poursuite et le renforcement de travaux relatifs à l’adaptation de la France au changement climatique et la conciliation entre impératif écologique, cohésion sociale et compétitivité économique. Enfin, le Cese entend accentuer sa réflexion sur les conditions d’une démocratie plus inclusive et plus apaisée dans le dessein de « renforcer la cohésion démocratique et territoriale ».

Prise en compte des dissensus

Loin de la caricature du « consensus mou » trop mis en avant par les détracteurs du Conseil, sa présidente revendique que le Cese ait « pour mission d’organiser la confrontation des points de vue, de partir du réel pour en tirer des préconisations concrètes afin d’éclairer la décision publique ». Avant d’ajouter : « Le dissensus permet de nommer les désaccords, de comprendre ce qui les produit et de rendre le conflit productif. » Alors que « la confrontation improductive éloigne les Français de la politique », le Cese se veut, plus que jamais, « le lieu où la confrontation des points de vue ne cherche jamais à anéantir la parole de l’autre au gré des rapports de force ».

Ă€ propos de l'auteur

Nicolas Ballot
rédacteur en chef de Syndicalisme Hebdo et de CFDT Magazine

Et Claire Thoury de conclure : « Dans cette année décisive pour la démocratie, le Cese assume sa place d’assemblée de la République. Pour faire entendre la voix de la société civile organisée. Pour que les citoyennes et citoyens prennent toute leur part à la définition des choix collectifs. Pour contribuer pleinement, depuis la France telle qu’elle est, à la construction d’un destin commun. »

Une convention citoyenne sur les finances publiques

« Nous n’avons pas peur des Français. Ils savent formuler l’intérêt général quand on leur fait confiance pour remplir cette mission et [quand on] leur donne les moyens de l’accomplir », assure Claire Thoury. Parce que « les finances publiques concernent l’ensemble de nos concitoyens », le Cese organisera une convention citoyenne consacrée aux finances publiques. Concrètement, 150 citoyennes et citoyens seront tirés au sort et se réuniront durant sept sessions de travail afin de construire et proposer des trajectoires communes pour l’avenir de nos finances publiques. Les scénarios élaborés à l’issue de cette démarche seront remis au nouvel exécutif et au nouveau Parlement dès leur entrée en fonction, afin d’éclairer leurs décisions.