Le Cese débat pour se renforcer

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iconeExtrait de l’hebdo n°3826

Le 18 mai, le Conseil économique, social et environnemental organisait une journée de réflexion interne autour la notion de “faire Cese”.

Par Nicolas Ballot— Publié le 31/05/2022 à 12h00

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© Cese

Il est assez rare qu’une institution comme le Conseil économique, social et environnemental (Cese) prenne le temps de s’interroger sur elle-même, ses missions et son fonctionnement pour ne pas s’en féliciter. Un an après le lancement de la nouvelle mandature, marquée par la réforme de 2021, qui a modifié sa composition et son organisation1, le Conseil s’est interrogé sur son fonctionnement le temps d’une journée. « C’était une initiative inédite avec un objectif majeur : élaborer collectivement des pistes pour être plus efficace afin de porter les enjeux majeurs de la période, notamment autour de la transition juste », explique Albert Ritzenthaler, le président du groupe CFDT.

Trois modalités de participation citoyenne

Après une matinée de travaux en ateliers, dont certains coanimés par des conseillers CFDT (pétitions et plateformes, orientations stratégiques, identification des sujets…), l’après-midi a permis une mise en commun et des échanges directs et respectueux. La loi organique du 15 janvier 2021 relative au Conseil économique, social et environnemental a fait du Cese « la chambre de la participation citoyenne », qu’il s’agit de mettre en place selon trois modalités : l’organisation de conventions citoyennes sur un sujet particulier, l’inclusion de groupes de citoyens tirés au sort aux travaux d’une formation de travail ou encore via des plateformes numériques.

Les ateliers comme les échanges entre conseillers lors de la plénière ont mis en lumière « le cercle vertueux [découlant] de la participation citoyenne : elle enrichit la réflexion des membres du Conseil et permet une meilleure visibilité et reconnaissance des travaux du Cese », résume Albert Ritzenthaler. De son côté, la présidente CFDT de la commission travail et emploi, Sophie Thiéry, insiste sur l’apport du travail des conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux (Ceser) quant à la prise en considération de la participation citoyenne dans sa dimension géographique.

“Anticiper l’agenda”

Mais comment renforcer l’impact de la délibération des corps intermédiaires ? Y parvenir suppose que le Cese relève un double défi, selon Thierry Cadart, questeur du Cese, qui rapportait la synthèse des travaux d’ateliers : « D’une part, anticiper l’agenda, y compris à propos des saisines gouvernementales en urgence ; d’autre part, mieux faire connaître les travaux, de qualité, du Conseil. » Face à des avis jugés trop consensuels par certains pour être réellement crédibles, il rappelle le rôle de « fabrique de consensus du Cese, dont l’ADN est de mener les discussions jusqu’au bout ». En d’autres termes, si le dissensus peut être éclairant sur certains avis, il doit être la conséquence d’un réel débat et non une position de principe, au risque de voir le Conseil « perdre sa spécificité et sa raison d’être ». Aussi faut-il « créer ou renforcer la culture commune du Cese chez les conseillers », note Sophie Thiéry.

Reconnaissance du Cese

La dernière thématique de cette journée était consacrée à la nécessaire amélioration de la reconnaissance du Cese. Au-delà des déclarations d’intention portant sur la volonté partagée que « tous les conseillers deviennent des ambassadeurs du Cese », le débat s’est noué autour de l’indispensable évolution du déroulement des séances plénières. Une idée à creuser… tout en évitant l’écueil, soulevé par Thierry Cadart, consistant à chercher à « imiter le fonctionnement, trop politique, des deux autres assemblées de la République que sont le Sénat et l’Assemblée nationale ».

« Après une année marquée par la crise sanitaire et un grand nombre de réunions en visio, cette journée nous aura permis de renforcer le sentiment d’appartenance des participants au “collectif Cese”. Certains conseillers se sont d’ailleurs rencontrés pour la première fois », se réjouit Albert. Avant de mettre en garde : « Il ne faut pas que cela retombe. Notre but est de passer de cette phase de réflexion collective et prospective à sa mise en œuvre concrète. Naturellement, le groupe CFDT y prendra toute sa place ! » Dans sa conclusion, le président du Cese, Thierry Beaudet, a d’ores et déjà donné rendez-vous au début juillet en vue de tracer les premières pistes concrètes issues de cette journée de travaux.

Le groupe CFDT au Cese

Pour la mandature 2021-2026, il est composé de quatorze membres et est représenté au Bureau du Cese par Thierry Cadart, élu questeur par l’assemblée plénière le 18 mai dernier.

La composition du groupe CFDT : Thomas Aonzo, Patricia Blancard, Thierry Cadart (questeur), Nathalie Canieux, Soraya Duboc, Monique Gresset Bourgeois, Pascal Guihéneuf, Jean-Yves Lautridou, Sébastien Mariani, Marie-Hélène Meyling, Catherine Pajares Y Sanchez, Albert Ritzenthaler (président du groupe CFDT), Sophie Thiéry (présidente de la commission Travail et emploi), Franck Tivierge.