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Extrait de l'hebdo n°4012
Dans une tribune parue dans Les Échos, le 18 mai, Marylise Léon, Ève Rescanières et Laure Revel, secrétaires générales, respectivement, de la CFDT, de la CFDT Santé-Sociaux et de la CFDT Fonctions publiques, appellent le gouvernement à honorer ses engagements et à mettre en place la complémentaire santé pour 1,2 million d’agents publics hospitaliers.

Combien de temps encore faudra-t-il attendre pour que le gouvernement tienne parole ? Les jours passent, les mois s’écoulent. Et 1,2 million d’agents publics hospitaliers, parmi lesquels 900 000 femmes, attendent toujours l’entrée en vigueur d’une mesure qui avait été promise pour le 1er janvier 2026 : la prise en charge par l’employeur de 50 % du coût de leur mutuelle. Un retard d’autant plus incompréhensible que cette mesure est déjà effective dans la fonction publique territoriale depuis le 1er janvier 2026, et dans la fonction publique d’État depuis le 1er janvier 2025.
« Le gouvernement fait le choix de ne pas appliquer la loi aux agents hospitaliers rendant encore plus fragiles nos services de santé déjà sous tension. Quelle considération a-t-il, au-delà des grands discours, pour notre système de santé et pour ses agents ? », interrogent Marylise Léon, Ève Rescanières et Laure Revel dans une tribune parue dans Les Echos le 18 mai dernier.
De plus en plus de soignants renoncent à se soigner…
La question est légitime. Et se pose d’autant plus que l’exécutif continue de jouer la montre. Après avoir tenté de reporter sa mise en œuvre à l’horizon 2028 et de faire porter le chapeau de cette reculade aux organisations syndicales, c’est finalement l’échéance du 1er janvier 2027 qui a été retenue. Mieux vaut tard de jamais, serait-on tenté de dire ? Mais là encore, c’est faire fausse route, car depuis l’ouverture des négociations en début d’année, rien ne se passe.
« À la demande de la ministre de la Santé, les négociations sont gelées. Aucun arbitrage financier. Aucun texte. Aucun engagement, dénoncent les trois syndicalistes. Le silence du gouvernement pèse jusque dans les couloirs d’hôpitaux, dans les chambres des Ehpad, dans les salles de classe des instituts médico-éducatifs… »
… et renoncent à une mutuelle devenue hors de portée
Ce refus de discuter n’est pas sans conséquences. Faute de participation de l’employeur, de plus en plus d’agents renoncent en effet à une mutuelle devenue « hors de portée », s’inquiète la CFDT, qui exige de l’État qu’il prenne enfin ses responsabilités. « Ce traitement injuste envers des agentes et des agents surinvestis dans leur travail, rend encore plus fragile le système de santé pour tous. Le 1er janvier 2027, c’est demain. Qu’on ne s’y trompe pas, retarder encore la participation financière à la complémentaire est un choix politique délibéré. C’est accepter que celles et ceux qui font vivre notre système de santé soient moins bien protégés que tous les autres salariés. »