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Extrait de l'hebdo n°3999
En avril 2026, trois millions de foyers verront leur prime d’activité augmenter de 50 euros par mois en moyenne. Cette mesure est bienvenue pour ces foyers aux revenus modestes, mais a un coût non négligeable pour l’État et dédouane les entreprises d’augmenter les salaires.

C’est une des mesures phares du budget 2026, validé il y a quelques jours. Près de trois millions de foyers bénéficiaires de la prime d’activité verront le montant de cette allocation augmenter d’environ 50 euros en moyenne par mois à partir du 1er avril 2026. « Un geste fort en faveur de celles et ceux qui travaillent », fait valoir le ministère du Travail, et « une mesure de soutien à leur pouvoir d’achat et de considération vis-à-vis de leurs efforts ».
Selon quels critères ?
Créée en 2016 en remplacement de deux autres prestations sociales, la prime d’activité vient compléter, de façon progressive, les revenus des plus modestes, à savoir toute personne qui touche moins de 2 000 euros nets mensuels (sachant qu’un salarié au Smic perçoit 1 443,11 euros nets par mois) ou encore 3 450 euros nets mensuels pour un couple ayant deux enfants et quand un seul des parents travaille. Fin 2025, 4,5 millions de foyers (cela représente 8,8 millions de personnes) touchaient la prime d’activité, bien souvent des jeunes de moins de 29 ans et des familles monoparentales.
Si la prime d’activité permet réellement d’améliorer le pouvoir d’achat des personnes bénéficiaires (par exemple, une personne seule touchant environ 1 650 euros par mois peut avoir droit à 168 euros de prime d’activité), la mesure est particulièrement coûteuse pour l’État : 10,7 milliards d’euros en 2024. Un coût qui sera renchéri de presque 2 milliards d’euros en année pleine, avec l’augmentation prévue au 1er avril. Autant d’euros que les entreprises n’ont pas à sortir de leurs caisses pour mieux payer leurs salariés, selon la CFDT.
Quand c’est l’État qui paye, et pas les entreprises…
« Cette augmentation de 50 euros est une bonne nouvelle pour ceux qui en bénéficieront. Pour des personnes qui ont des niveaux de salaire bas, ce n’est pas du tout négligeable, reconnaît Luc Mathieu, secrétaire national chargé des rémunérations. Mais la question que cela pose est la suivante : qui doit payer les salaires ? Entre les importantes exonérations de cotisations patronales concernant les salaires autour du Smic et la prime d’activité, l’État prend en charge un montant très significatif de la rémunération de ces salariés qui travaillent dans les entreprises. Or c’est à ces dernières de payer les salaires, pas à l’État ! »