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Extrait de l'hebdo n°3999
Depuis l’ouverture des discussions entre les organisations syndicales et les représentants des employeurs publics, fin novembre 2025, quatre réunions de travail ont déjà eu lieu. Un premier document devrait être présenté aux syndicats le 4 mars. La CFDT Fonctions publiques réaffirme sa volonté d’aboutir à un accord contraignant, financé et assorti d’un dispositif d’évaluation.

Les échanges progressent et le calendrier défini par l’accord de méthode est respecté. Les organisations syndicales ont déjà pu livrer leurs propositions concernant deux des cinq axes de travail préalablement définis, à savoir « Prévention et lutte contre les violences sexistes et sexuelles et les violences intrafamiliales » et « Meilleure articulation entre vies professionnelle, personnelle et familiale ».
La CFDT Fonctions publiques a profité de ces rendez-vous afin de souligner que « l’articulation des temps de vie devra constituer un axe central du futur accord ». Elle propose notamment l’interdiction stricte de solliciter les agents en dehors de leurs horaires de travail (appels, courriels, messageries instantanées).
Pour les parents d’enfants de moins de 3 ans et les familles monoparentales, elle suggère de favoriser des aménagements des horaires et des rythmes de travail – tels que la semaine de quatre jours ou une plus grande flexibilité des horaires journaliers. « Il faudra absolument intégrer les enjeux de la proche aidance », poursuit Alexandre Bataille, secrétaire général adjoint de la CFDT Fonctions publiques.
Un accord possible à la rentrée 2026
Concernant les VSST1, la CFDT a insisté sur la nécessité de créer un climat de confiance en multipliant les canaux d’expression, que ce soit par le truchement de la hiérarchie, d’un référent dédié, de la médecine de prévention ou d’une organisation syndicale. Elle demande également une garantie explicite de confidentialité (afin de protéger les agents qui dénoncent ces violences) et le déploiement d’un socle de droits de toutes les victimes. Un tel socle doit permettre d’accéder à un accompagnement psychologique financé, une aide juridique, un accompagnant RH ou la requalification d’un arrêt maladie en accident du travail, le cas échéant. La CFDT Fonctions publiques a par ailleurs obtenu que la négociation aborde la question des violences intrafamiliales. « C’est un sujet sur lequel nous sommes attendus pour porter de vraies avancées afin de garantir que le collectif de travail devienne un sanctuaire pour toutes les victimes. »
La Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) doit désormais soumettre un premier document d’orientation comprenant les mesures relatives à ces deux thématiques, qu’elle entend intégrer à son futur projet d’accord.
Rappelons que les « Enjeux de santé et de handicap spécifiques aux femmes » seront examinés lors de deux groupes de travail prévus d’ici à la fin mars. Ils seront suivis, en avril, de réunions consacrées à la gouvernance ainsi qu’« aux carrières et aux rémunérations, avec pour objectif de garantir des parcours professionnels équitables et d’atteindre une égalité salariale réelle ». La négociation devrait s’achever d’ici à l’été, et un texte pourrait être soumis à signature à la rentrée 2026.