La démocratie comme fil rouge

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La démocratie, notre force

Adoptée à plus de 87% (87,29%), la résolution revendicative devient la feuille de route de la CFDT pour les quatre prochaines années. Six débats ont permis d’enrichir le texte pendant le congrès.

Par Fabrice Dedieu Publié le 17/07/2026 à 09h05

Lydie Nicol et Fabien Guimbretière, rapporteurs de la résolution revendicative. Bordeaux, le 25 juin 2026.
Lydie Nicol et Fabien Guimbretière, rapporteurs de la résolution revendicative. Bordeaux, le 25 juin 2026.© Emmanuelle Marchadour

C’est un texte d’une cinquantaine de pages qui va définir l’action revendicative de la CFDT pour les quatre années à venir. Les congressistes ont adopté, avec 87,29 % des suffrages, la résolution revendicative dont le fil rouge est la démocratie. Un choix qui ne doit rien au hasard. Alors qu’elle est une des valeurs cardinales de la CFDT (c’est le « D » de son sigle), la démocratie est en danger un peu partout dans le monde : « C’est pourquoi il nous semble important de rappeler notre attachement à la démocratie, si indispensable et si fragile », a expliqué à la tribune du congrès Fabien Guimbretière, corapporteur.

“La CFDT se battra pour protéger l’État de droit, défendre les libertés et les droits fondamentaux et luttera contre toutes les formes de discriminations.”

La résolution aborde, en premier lieu, les rémunérations, la santé, la lutte contre la précarité ou encore le dialogue social. Ainsi, concernant les salaires, la CFDT défend « une revalorisation systématique du salaire de tous les salariés maintenus au Smic pendant deux ans […]. Dans le cas contraire, nous demandons la suppression des exonérations de cotisations patronales », a expliqué le rapporteur. La CFDT entend également contribuer à construire les conditions du « bien vivre au travail »

Pour ce faire, elle travaillera à « mieux évaluer, prévenir et réduire les risques professionnels, améliorer les conditions de travail », précise Lydie Nicol, la corapporteure. Pendant la mandature, il sera aussi question de « donner du sens au travail ». Transformer profondément le management, redonner aux travailleurs la maîtrise de leur temps et agir concrètement sur les conditions de travail sont les futures grandes arêtes de l’action revendicative sur ce sujet. 

Enfin, la CFDT s’organisera afin d’accompagner les transitions écologiques et numériques au travail.

La deuxième partie de la résolution aborde l’action plus sociétale de la CFDT, qui n’est pas sans lien avec le monde du travail. « Il n’y a pas de progrès social sans démocratie vivante, a prévenu Lydie Nicol. Or, partout, les libertés reculent, les inégalités se creusent, les discours autoritaires progressent. Face à cette fragilisation démocratique, nous devons agir ! »

La CFDT se battra pour protéger l’État de droit, défendre les libertés et les droits fondamentaux et luttera contre toutes les formes de discriminations. À la tribune, les rapporteurs ont répété l’opposition de la CFDT aux idées d’extrême droite. « Combattre ceux qui prônent la préférence nationale suppose de mobiliser et de former l’ensemble des militants. Le réseau des sentinelles de la démocratie, que nous vous proposons dans cette résolution, doit nous aider à décupler nos forces dans les entreprises et dans les territoires », a annoncé Fabien Guimbretière. 

Les propositions de la CFDT concernent aussi les services publics, la fiscalité, l’école ou la culture. Autant d’éléments qui participent à un pacte social solidaire, fraternel. « C’est cette démocratie plus vivante, plus participative et plus inclusive que nous voulons construire tous ensemble ! »

Débats

: Résultats des votes des 6 amendements au projet de résolution revendicative

DÉBAT N° 7 I SALAIRES ET RATIO D’ÉQUITÉ : Amendement rejeté à  72,79 %

La résolution pose le principe qu’un dirigeant d’entreprise ne puisse gagner plus de quarante fois le salaire moyen des salariés. Elle propose de fixer un ratio d’équité de 1 à 40 lors des négociations salariales. Certains syndicats préféraient que ce ratio soit fixé par les délégués syndicaux au plus près du terrain. L’amendement qu’ils défendaient a été rejeté.

DÉBAT N° 8 I ORGANISATION DU TRAVAIL ET DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE : Amendement rejeté à  79,80 %

Pour redonner du sens au travail et améliorer la qualité de l’emploi, un article propose de promouvoir la démocratie participative et l’organisation apprenante au travail. Certains syndicats craignant une vision « idéalisée » de ces systèmes proposaient de le supprimer. Leur amendement a été rejeté.

DÉBAT N° 9 I CONGÉ PATERNITÉ : Amendement adopté à  79,03 %

La CFDT souhaite que la durée du congé de paternité et d’accueil de l’enfant soit portée à deux mois, dont 28 jours obligatoires et la moitié à prendre dès la naissance.
Un syndicat est venu défendre le nombre de 21 jours (au lieu de 14) de congé à prendre par le coparent à l’arrivée de l’enfant. Son amendement a été adopté.

DÉBAT N° 10 I CESSATION D’ACTIVITÉ POUR LES PERSONNES TROP ÉLOIGNÉES DES SYSTÈMES D’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : Amendement rejeté à  88,30 %

Doit-on cesser son activité lorsque l’on ne se sent pas capable de se former au numérique et à l’intelligence artificielle ? Non, répond la CFDT, qui revendique de favoriser des formations plutôt qu’un départ, afin de permettre à chacun de trouver sa place dans les transformations du monde du travail en cours.

DÉBAT N° 11 I ABAISSER LE DROIT DE VOTE À 16 ANS : Amendement adopté à  54,02 %

La résolution proposait d’abaisser le droit de vote à 16 ans en s’appuyant sur un parcours citoyen renforcé. Un amendement s’y opposait au nom de l’immaturité des jeunes et du risque d’instrumentalisation par l’extrême droite. Les syndicats ont adopté cet amendement à une courte majorité, la revendication est donc supprimée de la résolution.

DÉBAT N° 12 I SIXIÈME BRANCHE DE LA SÉCURITÉ SOCIALE « CONDITIONS DE VIE ET TRANSITION ÉCOLOGIQUE » : Amendement rejeté à  56,37 %

Un article demande la création d’une branche de la Sécu pour renforcer la protection face aux répercussions du changement climatique. Un syndicat s’y opposait. Selon lui, « le problème n’est pas l’absence de branche climat mais le manque de moyens dans les branches existantes ». Son amendement a été rejeté.