La CFDT entame la négociation d’un accord RCC chez SEB

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icone Extrait de l'hebdo n°4001

Le dialogue social s’engage chez SEB. Après l’annonce, fin février, d’un plan de redressement économique, les organisations syndicales, dont la CFDT, ont entamé, le 3 mars, des négociations avec la direction autour d’un accord de rupture conventionnelle collective.

Par Sabine IzardPublié le 10/03/2026 à 13h00

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© Hervé Ronne/RÉA

Acteur historique du petit électroménager et propriétaire des marques Tefal, Rowenta, Moulinex et Krups, SEB fait face à un contexte de marché difficile. Ralentissement des ventes en Europe, évolution des modes d’achat, concurrence internationale renforcée : plusieurs facteurs pèsent sur l’activité. « Les performances économiques de SEB s’éloignent des objectifs que le groupe se fixe chaque année, explique Mickael Feuvre, le coordinateur CFDT du groupe. Même si la marge opérationnelle 2025 atteint 7,4 %, la direction a décidé d’accélérer sa transformation pour inverser la tendance. »

À la fin février 2026, lors de la publication de ses résultats annuels, SEB – qui emploie 32 000 salariés dans le monde, dont 6 000 en France – a donc annoncé un plan visant à générer 200 millions d’euros d’économies récurrentes d’ici à 2027. « Ils veulent surtout rassurer les investisseurs. Mais ça a un impact sur l’emploi », poursuit Mickael. Ainsi, 2 100 postes pourraient être supprimés à travers le monde, dont 1 400 en Europe.

En France, 500 départs sur la base du volontariat

Six sites industriels seraient impactés en France. « Les réductions d’effectifs viseraient principalement la main-d’œuvre indirecte, notamment dans les fonctions support et la R&D. Cela pourrait représenter jusqu’à 500 postes, soit environ 13 % des effectifs concernés », précise Mickael Feuvre. Pour atteindre ces objectifs, la direction française assure ne pas vouloir recourir à des départs contraints mais privilégier plusieurs leviers comme le non-remplacement des départs naturels, les mobilités internes et les départs volontaires dans le cadre d’une rupture conventionnelle collective.

« C’est sans doute le moins mauvais des scénarios. En Allemagne, il y aura des fermetures de sites », observe le syndicaliste. Un constat partagé par Karim Nedjar, secrétaire national de la CFDT Métallurgie : « Après Brandt, on s’attendait à pire, même si cela reste une très mauvaise nouvelle pour l’emploi. »

Une négociation qui commence tout juste

Les discussions ne font toutefois que commencer. La procédure d’information-consultation des représentants du personnel est toujours en cours. « Les élus vont se faire accompagner par des experts afin d’analyser la situation et de peser dans les discussions », souligne Mickael Feuvre. SEB souhaite aboutir à un accord d’ici à la fin avril et prévoit des réunions hebdomadaires : six réunions sont programmées jusqu’au 22 avril. Mais ce calendrier est jugé trop serré par le militant.

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Sabine Izard
Journaliste

Enfin, selon la CFDT, plusieurs points doivent être au cœur de la négociation. « Nous veillerons à garantir le caractère réellement volontaire des départs, obtenir des mesures d’accompagnement solides pour les salariés concernés et préserver les conditions de travail de ceux qui resteront. Il ne faut pas fragiliser les organisations ciblées. Notre objectif est aussi de limiter la casse sociale en obtenant des groupements d’emplois adaptés », insiste Mickael Feuvre, qui fera tout pour obtenir un accord équilibré et défendre l’avenir des sites industriels français. « À nous de montrer que, par la négociation, les projets de la direction peuvent évoluer… »