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Extrait de l'hebdo n°4014
Dans un rapport publié le 1er juin, l’Unédic met à mal l’argument de la “paresse” des chômeurs qui ne chercheraient pas d’emploi avant la fin de leur indemnisation.

Les chiffres, tout comme les préjugés, sont parfois têtus… À tous ceux qui voudraient faire croire que le chômage est un choix et que les allocataires se complaisent dans ce type de statut, une étude de l’Unédic publiée le 1er juin dernier leur apporte une réponse cinglante. Après avoir suivi la trajectoire de 1,7 million d’allocataires inscrits à France Travail et ayant une durée potentielle d’indemnisation de deux ans ou moins, l’organisme paritaire l’affirme : la reprise d’emploi s’effectue en grande partie dans les premiers mois. Car la priorité de la plupart des demandeurs d’emploi, c’est bien de retrouver un travail sans tarder !
Ainsi, au quatrième mois d’indemnisation, la moitié des allocataires de l’assurance chômage a déjà retravaillé, indique l’Unédic, qui note aussi que plus la durée d’indemnisation est longue, plus le retour à l’emploi est probable. « Lorsque l’on considère l’ensemble du droit, cette probabilité s’élève jusqu’à plus de 80 % pour les allocataires qui disposent de durées de dix-huit ou vingt-quatre mois, contre 63 % pour ceux qui disposent d’une durée de six mois », note l’organisme.
Des reprises précaires
Une personne sur cinq a même retrouvé une activité dès le premier mois, c’est-à-dire avant même d’avoir touché la moindre indemnité de France Travail. « Cela bat en brèche l’image du demandeur d’emploi fainéant qui profite du système », réagit le service Emploi de la Confédération.
Reste que sortir du chômage ne se fait pas si facilement. Les contrats proposés sont majoritairement des contrats courts ou des contrats à temps partiel… « Deux tiers des premiers emplois repris durent moins de six mois, ce qui augmente les risques de redevenir demandeur d’emploi à l’issue du contrat », confirme l’Unédic, qui affirme également que « la première reprise d’emploi ne se traduit par une sortie pérenne du chômage indemnisé que pour un allocataire sur quatre ».
Cette étude pourrait donc nourrir les débats relatifs à une énième réforme du système d’assurance chômage… que plusieurs responsables politiques appellent de leur vœux, convaincus que le raccourcissement de la durée d’indemnisation constitue la solution miracle pour inciter les chômeurs à retrouver un travail.