La CFDT dénonce l’implication d’entreprises françaises dans le renforcement de colonies illégales d’Israël

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iconeExtrait de l’hebdo n°3847

Dans un récent courrier adressé à la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, la CFDT dénonce la participation de plusieurs entreprises françaises ou opérant en France au développement des colonies dans les territoires palestiniens, en contradiction avec le droit international.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 02/11/2022 à 13h00

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© AFPS -DR

« Plusieurs entreprises françaises [sont] impliquées dans le réseau de tramway qu'Israël construit à Jérusalem, reliant de manière illégale Jérusalem-Ouest aux colonies israéliennes implantées sur les terres palestiniennes de Jérusalem-Est », écrit, dans un courrier adressé à la ministre Catherine Colonna, la CFDT aux côtés de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) ou encore la Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; la CGT et Solidaires sont également signataires.

« Il s'agit pour Israël, à la fois d'effacer la “ligne verte” et de favoriser le développement de ces colonies illégales. Les entreprises concernées participent donc à cette entreprise de colonisation en contradiction avec le droit international, la politique affirmée de la France et leurs propres engagements en matière de respect des droits humains. » Parmi les entreprises concernées se trouvent la multinationale des transports Alstom, liée à l’exploitation d’une ligne de tramway à Jérusalem, l’ingénieriste des transports Egis Rail, chargé de la conception du réseau de transport en commun, et l’acteur du ferroviaire CAF, qui a obtenu la réalisation et l’exploitation de nouvelles lignes de tramway.

“La France doit être cohérente”

Le circuit de l’une des futures lignes inquiète particulièrement la CFDT, tant « cela risque d’entraîner des expulsions massives de Palestiniens résidents de Jérusalem », alerte Didier Szliwka, secrétaire confédéral du service international de la Confédération.

Les signataires du courrier à la ministre estiment qu’il est urgent que la France – qui « participe, dans le cadre de l’Union européenne, aux nombreuses et légitimes sanctions prises contre la Russie pour s’opposer à son agression et sa tentative d’occupation et d’annexion d’une partie de l’Ukraine » – soit cohérente. De la même manière, elle doit intervenir « auprès des entreprises françaises participant à l’aggravation de la situation d’occupation et de colonisation qu’Israël impose par la force en Palestine depuis des décennies ».