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Extrait de l'hebdo n°3996
Face à la crise économique et sociale qui frappe le territoire néo-calédonien, l’Union des syndicats des ouvriers et employés de Nouvelle-Calédonie (Usoenc) tire la sonnette d’alarme.

« Pour un avenir digne, juste et durable en Nouvelle‑Calédonie, nous devons nous faire entendre, affirme l’Union des syndicats des ouvriers et employés de Nouvelle-Calédonie dans un communiqué. Nous sommes confrontés à une crise sans précédent, marquée par une urgence sociale et économique qui affecte l’ensemble de notre société. » La gravité de la situation à laquelle sont confrontés les 264 600 habitants de l’archipel est d’ailleurs confirmée par les données publiées en octobre 2025 par le projet Comptes économiques rapides pour l’Outre-mer (Cerom).
L’économie néo-calédonienne a connu en 2024 une récession historique, avec une chute du PIB de 13,5 % (soit près de 8 milliards d’euros) et un effondrement des exportations. Près de 11 000 emplois ont été détruits, soit une baisse d’environ 12 % de l’emploi salarié.
Aucun secteur n’est épargné : les services ont perdu 3 100 emplois (–9,1 %), l’industrie 2 200 (–13,8 %), le commerce 1 300 (–12,6 %) et la construction 1 300 (–20,8 %). Tous les voyants sont passés au rouge et la situation pourrait encore s’aggraver, alerte l’Usoenc. « La filière nickel, pilier de notre économie, connaît de graves difficultés, [ce qui] entraîne de nombreuses incertitudes [en matière d’emploi]. La Nouvelle-Calédonie souffre depuis trop longtemps d’un manque d’une “stratégie nickel” globale et partagée pour permettre le redressement de la filière. »
Des prix 30 % plus élevés qu’en métropole
Alors que l’activité s’effondre, le pouvoir d’achat des Néo-Calédoniens est continûment mis à mal. Les prix à la consommation augmentent inexorablement : +1 % en 2024 et +8,5 % depuis 2020. Le coût des produits alimentaires est en hausse de 3,3 %, celui des services de 1 %, celui de l’électricité de 3,0 %.
En 2022, déjà, l’Institut de la statistique et des études économiques de Nouvelle-Calédonie (Isee) rappelait que les prix étaient 31 % plus élevés dans ce territoire océanien qu’en métropole. Afin de sortir de la crise, l’Usoenc en appelle à la responsabilité des dirigeants politiques locaux pour faire avancer rapidement les enjeux socio-économiques. Elle réclame notamment la mise en place d’un Pacte de refondation économique et sociale et le maintien du prélèvement de 2 % du Fonds social de l’habitat – une contribution dédiée au financement du logement social… actuellement remise en question. « Si nous ne sommes pas entendus, d’autres actions syndicales pourront être engagées », assure l’Usoenc.