Complète refonte du système de classification dans le funéraire

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icone Extrait de l'hebdo n°4014

Les organisations syndicales des services funéraires ont signé un accord de branche historique au sujet des classifications (le précédent datait de 1996 !). Le nouvel accord est le fruit d’un travail impulsé par la CFDT depuis des années.

Par Claire NillusPublié le 09/06/2026 à 12h00

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© Célestine Barbances/RÉA

C’est historique : non seulement parce que le précédent accord classifications du funéraire datait d’il y a une trentaine d’années, mais aussi parce que le tout nouveau est arrivé au terme de huit années de discussions. Ce processus particulièrement long s’explique en grande partie par la structuration même de ce secteur d’activité. « Outre les deux grands opérateurs du marché funéraire en France (OGF et Funecap, qui emploient respectivement 6 000 et 4 500 salariés), la branche, qui totalise 30 000 emplois, est composée d’une majorité de petites entreprises privées de moins de 11 salariés, où le dialogue social est quasi inexistant, précise Cédric Tassin, secrétaire fédéral de la CFDT Interco. Il n’y avait pas de réelle volonté de la part des employeurs de réviser la grille. »

Mais l’obligation récente faite aux branches fonctionnant sur des classifications anciennes de les remettre à jour (avec la loi sur le partage de la valeur de 2023) a permis un nouveau coup de pression décisif. Deux militants, Pascaline Bringardet Julien Boschage, ont pris le relais des travaux menés depuis des années par la CFDT sur les métiers de la branche et relancé les négociations avec l’aide de la fédération. Leur mobilisation a permis d’aboutir à un nouvel accord.

Une cotation objective des emplois

L’ancien système de classifications reposait sur un grand nombre de subdivisions et seulement trois critères classants. « Ces critères faisaient l’objet de descriptions parfois subjectives, peu lisibles ou insuffisamment précises, tant pour les salariés que pour les employeurs », explique-t-on à la CFDT Interco. Le nouvel accord, quant à lui, signé fin avril, met en place une méthodologie de classification « fondée sur une cotation objective des emplois à partir de critères transparents : responsabilité, autonomie, dimension relationnelle, technicité… En offrant des éléments concrets, vérifiables et opposables, le nouveau système permet de répondre à la question : “Pourquoi suis-je classé à ce niveau ?” ».

Autre avancée importante, le texte s’attache à la prise en compte du travail réel et non plus uniquement des intitulés de poste – une revendication forte de la CFDT. Dans le cadre d’une meilleure reconnaissance des qualifications, les employeurs devront donc se plier à leur tour à un véritable travail de décorticage et de cotation des emplois réellement exercés. Le texte prévoit également un dispositif de reconnaissance de la polyvalence des agents, durable ou temporaire, afin de valoriser les parcours professionnels.

Un accord applicable au 1er avril 2027

À propos de l'auteur

Claire Nillus
Journaliste

La CFDT Interco se félicite de cet accord, applicable au 1er avril 2027, et veillera à sa mise en œuvre. Une grande campagne de terrain est prévue afin de sensibiliser les directions et d’informer les salariés. « Nous ne voulons pas que les employeurs se limitent à une comparaison mécanique entre l’ancienne et la nouvelle grille ou une transposition brute des fiches emploi-repères. » De même, ils devront articuler ce nouveau système de valorisation des emplois avec les salaires minimaux de la branche des services funéraires lors des négociations annuelles obligatoires. Et, enfin, il ne s’agit plus d’attendre trente ans pour réévaluer les métiers de la branche puisque de nouvelles discussions sont prévues au plus tard dans cinq ans.