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CFDT-JDE : Des mesures concrètes

Le délégué syndical et la direction ont signé un accord mobilité durable pour les 500 salariés de l'entreprise Jacobs Douwe Egberts.

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 02/12/2022 à 10h00

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© HansLucas

La partie n’était pas gagnée mais Jérôme Stravianos, le délégué syndical CFDT de JDE (no 1 du café en Europe) n’a rien lâché. Avec ses collègues, il est parvenu à négocier un accord de mobilité durable pour les 500 salariés – intérimaires compris – de son usine d’Andrézieux-Bouthéon, près de Saint-Étienne.

Le texte, signé à la mi-octobre, comprend « des mesures bien incitatives », telles qu’une prime pouvant aller jusqu’à 600 euros pour les « vélo-taffeurs », les covoitureurs et les covoiturés. Il comprend aussi l’installation de 15 bornes électriques sur le site d’ici à la fin 2024. Mais cette fine équipe a aussi agi auprès de la SEM (Saint-Étienne Métropole) pour que sur l’axe routier qui dessert le site, une piste cyclable sécurisée soit rapidement installée. « Nous avions mené un sondage avant l’été auprès des salariés pour connaître leurs attentes. Beaucoup avaient exprimé le souhait de venir à vélo, mais de manière sécurisée. D’autant plus qu’avec nos horaires postés, parfois de nuit, il faut de bonnes conditions pour prendre le vélo », souligne Jérôme, rappelant que dans l’usine, la plupart travaillent en cinq-huit. Cet aménagement, dont les travaux doivent commencer sans tarder, profitera également aux salariés des trois autres usines qui jouxtent JDE.

Certes, JDE est un groupe néerlandais –  la culture du vélo est forte aux Pays-Bas – et engagé de longue date dans une politique en faveur de l’environnement (programme JDE Common Grounds). Mais les militants CFDT ne s’en contentent pas ! L’équipe ne manque jamais une occasion de proposer des améliorations sur de multiples sujets, comme la gestion des déchets ou la réduction des consommations d’énergie. « La production de café est énergivore en gaz pour la torréfaction. Nous avons proposé de recycler la chaleur des torréfacteurs pour chauffer les bâtiments administratifs. Et pourquoi pas aller plus loin en utilisant aussi cette chaleur pour la piscine municipale, qui est à deux pas de l’usine ? » 

Sentinelle verte

Sandrine Paradis, militante CFDT, Anthracologue chez Éveha

Sur ses chantiers d’archéologie préventive1, Sandrine le reconnaît : « Nous devons revoir l’ensemble de nos pratiques à l’aune de la sobriété, décortiquer toute notre activité pour voir ce qu’on peut changer », explique la jeune anthracologue (archéologue spécialisée dans l’étude des charbons de bois). Comme le recours aux sachets en plastique, « qui sont pour l’instant le seul matériau imputrescible et neutre, pour contenir nos échantillons » ou l’utilisation de l’eau potable pour nettoyer les objets remontés des fouilles et éviter de les contaminer.

Alors, au sein du CSE de son bureau d’études, Éveha (300 salariés répartis en 14 agences sur le territoire), Sandrine s’est impliquée dans un groupe de travail pour « amorcer la transition écologique et faire des propositions qui puissent non seulement être négociées dans l’entreprise mais aussi servir au niveau de la branche ».

En ce moment, la priorité est donnée à « la négociation d’un vrai bilan carbone de notre activité, pour savoir si les mesures mises en place ont un effet réellement vertueux », et sur les mobilités douces. « Nous nous déplaçons beaucoup pour nos chantiers. La problématique du transport est un vrai sujet. Prendre le train avec nos équipements spécifiques et encombrants n’est pas si évident », explique la jeune femme, qui a rejoint le réseau des Sentinelles vertes (réseau lancé par la Fédération Communication, Conseil, Culture [F3C-CFDT]), où elle trouve formations, ressources et appui de militants aguerris. Par cet intermédiaire, Sandrine a pu se former à l’animation de Fresque du climat. Un outil de sensibilisation qu’elle aimerait pouvoir déployer dans son entreprise. Elle garde aussi en tête un projet de « créer la fresque de l’archéologie » !