Avec le retour de l’inflation, le pouvoir d’achat des ménages sous pression

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icone Extrait de l'hebdo n°4029

La flambée du prix des carburants et des tarifs de l’énergie érode un peu plus le reste à vivre des ménages. Face au risque de crise sociale, le gouvernement a acté la prolongation, au-delà du 30 septembre, de l’indemnité gros rouleurs. Mais cette mesure d’urgence peine à masquer l’asphyxie des salaires. Or, selon la CFDT, il y a urgence à agir sur les négociations salariales.

Par Anne-Sophie Balle — Publié le 29/09/2026 à 12h00

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© JPL/RÉA

Pour nombre de travailleurs, aller bosser s’apparente de plus en plus à un gouffre financier. Avec un gazole oscillant entre 2,20 euros et plus de 2,40 euros le litre dans les stations-service, la facture de carburant pour un actif effectuant 30 km par jour a bondi de 80 à 120 euros par mois. Dans le même temps, la Commission de régulation de l’énergie annonçait, il y a quelques jours, une nouvelle augmentation du gaz de 6,3 % au 1er octobre – conséquence directe des tensions internationales et géopolitiques. Chez les travailleurs, le sentiment que le travail ne protège plus de la précarité progresse. « Quand le carburant et l’énergie explosent, des salariés finissent par perdre de l’argent en allant travailler », résumait Marylise Léon il y a déjà quelques mois.

L’illusion des mesures d’urgence et du rattrapage automatique

Afin d’éteindre l’incendie, le gouvernement a confirmé, à la fin septembre, un certain nombre d’aides dont l’aide pour les « grands rouleurs », mise en place en avril, qui permettait à certains travailleurs modestes de recevoir 100 euros pour se déplacer, est prolongée jusqu’à la fin de l’année et élargie à 5,5 millions de personnes, contre 3 millions jusqu’à présent. Désormais, les Français touchant jusqu’à 2 050 euros pour une personne seule, 4 070 euros pour un couple et 6 100 euros pour un couple avec deux enfants pourront en bénéficier, à condition d’effectuer au moins 15 km par trajet entre leur domicile et leur travail ou plus de 8 000 km par an dans le cadre de leur activité professionnelle. Une mesure ciblée, certes, mais handicapée par un taux élevé de non-recours, qui ne saurait régler le problème de fond des rémunérations.

Sur le papier, le code du travail offre, il est vrai, un garde-fou : l’indexation automatique du Smic dès lors que l’indice Insee des prix à la consommation des ménages les plus modestes (hors tabac) progresse d’au moins 2 % par rapport au dernier calcul. Mais ce mécanisme légal révèle une perversité structurelle. En l’absence de revalorisation parallèle de l’ensemble des grilles conventionnelles dans les branches, l’ajustement du Smic tasse les salaires. Des milliers de travailleurs ayant plusieurs années d’ancienneté se voient rattrapés par le niveau du salaire minimum.

Les employeurs face à leurs responsabilités

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Balle
Rédactrice en chef adjointe de Syndicalisme Hebdo

Face à ce qu’elle qualifie de « smicardisation » galopante – alors que la part de salariés rémunérés au Smic atteint un niveau historique, à plus de 17 % –, la secrétaire générale de la CFDT appelle les employeurs à prendre leurs responsabilités. « La négociation salariale dans les branches et les entreprises, c’est le meilleur moyen d’avoir un salaire qui reconnaît le travail réel », rappelait-elle dans une interview accordée à Libération, à la fin de la semaine dernière. Et en ce qui concerne la fonction publique, elle demande toujours « une véritable négociation annuelle obligatoire, la revalorisation du point d’indice, la refonte des grilles indiciaires. C’est tout l’enjeu de la mobilisation du 29 septembre ».