Alerte sur la concentration dans les médias

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icone Extrait de l'hebdo n°4002

Par Emmanuelle PiratPublié le 17/03/2026 à 13h00

Au centre de l’image, Swan Prin, secrétaire général adjoint du SNME-CFDT.
Au centre de l’image, Swan Prin, secrétaire général adjoint du SNME-CFDT.© DR

« L’économie a besoin de concurrence, l’information économique aussi ! », scandaient les manifestants sous les fenêtres du Conseil d’État lors d’un rassemblement organisé le 12 mars dernier. Le choix de l’endroit ne doit rien au hasard : au même moment, les magistrats étudiaient le recours en référé déposé par plusieurs organisations syndicales et associatives afin d’examiner la situation du magazine Challenges, racheté à la fin de l’année 2025 par le groupe LVMH, déjà propriétaire de plusieurs titres économiques dont Les Échos et Investir. « Aujourd’hui, SNJ, SNJ-CGT et SNME-CFDT font front commun avec Reporters sans frontières pour défendre le pluralisme et demander à l’État français de respecter, dans les plus brefs délais, le droit européen afin d’empêcher la concentration des médias », a lancé Swann Principal, secrétaire général du SNME-CFDT.

Règlement européen sur la liberté des médias

Il est reproché au gouvernement français de ne pas appliquer le règlement européen sur la liberté des médias, l’European Media Freedom Act (EMFA), pourtant en vigueur depuis août 2025, « mais qui n’a toujours pas été transposé dans le droit français », a déploré le représentant CFDT. Ce règlement européen prévoit notamment de soumettre les opérations de rachat à une évaluation indépendante et ainsi prévenir tout risque de concentration. « L’inaction du gouvernement français porte préjudice au pluralisme des médias et permet à des milliardaires comme Bernard Arnault de racheter des titres sans se soumettre à cette évaluation », dénonce le SNME.

À propos de l'auteur

Emmanuelle Pirat
Journaliste

En attendant l’avis du Conseil d’État (d’ici à une quinzaine de jours), les salariés de Challenges se trouvent dans un climat tendu. En cause, l’avenir et de leur équipe et du journal, dont la ligne éditoriale (unilatéralement dénoncée en février) sont très nettement en train de changer. « Si la situation à Challenges est grave, elle s’inscrit dans une problématique beaucoup plus large – les atteintes croissantes à l’indépendance et au pluralisme des médias », rappelle Swann. Souhaitons que l’on ait entendu le message sous les lambris du Conseil d’État…