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À Melbourne, les syndicats définissent une stratégie et des réponses communes

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iconeExtrait de l’hebdo n°3851

Le cinquième congrès de la Confédération syndicale internationale (CSI) aura permis à la délégation CFDT de s’inscrire aux côtés des syndicats du monde entier pour la déclinaison d’“un nouveau contrat social”, mais aussi de parler de ses actions et de renforcer ses partenariats.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 29/11/2022 à 13h03

Élu secrétaire général lors du congrès de Melbourne, Luca Visentini (chemise bleue) va diriger la CSI aux côtés de la présidente Akiko Gono (écharpe rouge), des présidents adjoints Cathy Feingold (3e à gauche) et Antonio Lisboa (1er à gauche) et des secrétaires généraux adjoints Eric Mwezi Manzi (1er à droite), Jordania Ureña Lora (2e à droite) et Owen Tudor (2e à gauche).
Élu secrétaire général lors du congrès de Melbourne, Luca Visentini (chemise bleue) va diriger la CSI aux côtés de la présidente Akiko Gono (écharpe rouge), des présidents adjoints Cathy Feingold (3e à gauche) et Antonio Lisboa (1er à gauche) et des secrétaires généraux adjoints Eric Mwezi Manzi (1er à droite), Jordania Ureña Lora (2e à droite) et Owen Tudor (2e à gauche).© ITUC-CSI

Cinq jours pour se rencontrer, renforcer les coopérations, se coordonner en vue de relever les défis sociaux, écologiques, économiques, écologiques et démocratiques auxquels le monde entier est confronté. À Melbourne, du 17 au 22 novembre, la délégation CFDT n’a pas ménagé sa peine. « C’était extrêmement important pour nous d’être là, dans une période marquée par les menaces qui pèsent sur nos démocraties comme sur les travailleurs, mais aussi par les lourdes tensions géopolitiques (exacerbées depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie), dont les conséquences sur les travailleurs sont très visibles, résumait Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, à l’issue des travaux du congrès. Dans ce contexte, c’est important de pouvoir se confronter aux différentes réalités syndicales. C’est important de se retrouver pour voir les résultats réels qu’obtiennent les syndicalistes partout ailleurs. Mais, surtout, c’est important pour définir une stratégie et des réponses communes. »

Les témoignages des 130 délégations qui se sont succédé à la tribune ont d’ailleurs mis en exergue la multiplicité des réalités syndicales, à l’image des interventions des syndicalistes de Hongkong, de Biélorussie ou du Myanmar, persécutés dans leur pays et contraints de poursuivre leur combat en exil.

Être acteur de la transition

« C’est parce que la période que nous traversons n’est pas une fatalité que nous soutenons le nouveau contrat social et nous y engageons, en lien avec la CSI, a affirmé Laurent Berger. Ce projet remet les travailleurs et l’humain au cœur de notre modèle de développement. » À savoir des emplois respectueux du climat, des travailleurs respectés, des salaires justes, une protection sociale pour tous, l’inclusion et l’égalité. Sur ce dernier point, le mouvement syndical se doit d’être exemplaire. Il convient de noter que plus de 50 % des délégués étaient des femmes. « Si cela témoigne d’une prise de conscience mondiale, il y a encore beaucoup à faire en termes d’accès aux responsabilités », s’exclame Béatrice Lestic, secrétaire nationale CFDT chargée de l’international, qui a notamment réaffirmé la solidarité de la CFDT avec les Iraniennes. Autre sujet d’importance, la place des jeunes au sein du syndicalisme international. Ils représentaient 10 % des délégués, et c’est encore trop peu. « C’est un des enjeux de la prochaine mandature », pointe la secrétaire nationale.

Plus qu’un vœu pieux, le nouveau contrat social « est une ambition pour une transition juste qui doit s’appliquer partout dans le monde et ne doit laisser personne sur le bord de la route, insiste Maher Tekaya, responsable du service international. La CSI a un rôle essentiel à jouer auprès des institutions internationales pour faire défendre ce modèle et faire entendre la voix des travailleurs. Elle peut compter sur la CFDT, qui pèsera dans les discussions partout où elle en aura l’opportunité ».

Des leviers pour agir dans les entreprises

Enfin, ce congrès a offert à la CFDT l’occasion de rencontrer ses partenaires syndicaux, de multiplier les interactions et de témoigner de ses engagements internationaux. Les congressistes ont ainsi pu découvrir l’action de la CFDT aux côtés des militants afghans du Syndicat national des travailleurs et employés afghans (NUAWE) ou de la Confédération des syndicats de Hongkong (HKCTU) lors d’un évènement dédié à la pratique du syndicalisme face à des régimes oppressifs et répressifs – comme la CFDT l’a fait par le passé avec la CUT au Brésil ou Solidarność en Pologne. « Cela nous permet d’identifier de nouveau interlocuteurs, d’échanger sur les bonnes pratiques et de faire un point d’étape sur nos actions en cours », expliquent Élodie Aïssi et Mathilde Panhaleux, toutes deux chargées de l’Institut Belleville1.

« L’engagement de la CFDT au côté du mouvement syndical international est historique. Nous continuerons à soutenir elles et ceux qui se battent partout dans le monde, en Asie, en Afrique ou ailleurs, poursuit Béatrice Lestic. Avec les fédérations et les sections syndicales, nous pouvons agir concrètement au sein des entreprises françaises qui sont implantées ou sous-traitent une partie de leurs activités à l’étranger, notamment là où les libertés sont menacées ou inexistantes. Partout où nous avons des leviers d’action, nous devons alerter et veiller à ce que les travailleurs et leurs conditions de travail soient respectés. » Hier, aujourd’hui et demain, pour la CFDT, un seul mot d’ordre : faire vivre la solidarité internationale partout, tout le temps.