1083, le jean made in France

1 083 kilomètres. C’est la distance qui sépare la cité azuréenne de Menton et Porspoder dans le Finistère, des villes parmi les plus éloignées de l’Hexagone. C’est ce qui a inspiré à Thomas Huriez le nom de la marque de ses jeans, 1083, dont l’atelier est implanté à Romans-sur-Isère (Drôme). 

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 02/07/2021 à 08h00

L'atelier de la marque de jeans 1083 est implanté à Romans-sur-Isère (Drôme).
L'atelier de la marque de jeans 1083 est implanté à Romans-sur-Isère (Drôme).© Andia

À propos de l'auteur

Guillaume Lefèvre
Journaliste

Depuis huit ans, le trentenaire poursuit plusieurs objectifs : offrir à ses clients un vêtement de qualité, « relativement accessible » (prix moyen : 100 euros), produit en circuit court, respectueux de l’environnement et des conditions de travail. Sur les huit étapes de production du jean, sept se font en France : conception, teinture, filature, tissage, coupe, délavage et confection.

L’objectif est de relocaliser la huitième, la production de coton, grâce au recyclage de jeans usés. « Notre démarche consiste à recréer une filière complète, résume Thomas Huriez ; créer des ateliers, développer les savoir-faire et préserver ceux qui existent encore. » Une école de couture du jean a même vu le jour dans la Drôme en 2018. La même année, la marque a aussi repris les activités de tissage d’une entreprise vosgienne, à Rupt-sur-Moselle, alors placée en liquidation judiciaire, sauvegardant ainsi une trentaine d’emplois.

En 2020, l’entreprise a produit 50 000 jeans et fait travailler 150 personnes, grâce à des emplois directs ou indirects… contre deux à la naissance du projet. « En France, ce sont 88 millions de jeans qui sont achetés chaque année, rappelle Thomas Huriez. En fonction du comportement des clients, ça laisse imaginer un potentiel d’emplois important. »

Autre atout : alors qu’un jean traditionnel parcourt 65000 kilomètres – une fois et demie la circonférence de la Terre – avant d’atterrir dans un placard, celui produit dans la Drôme en fait dix fois moins, et cent fois moins lorsque toutes les activités seront relocalisées.