Une convention collective unique pour la métallurgie

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iconeExtrait de l’hebdo n°3810

Après plus de cinq ans de négociations, les partenaires sociaux de la métallurgie sont tombés d’accord le 21 décembre 2021 sur une nouvelle convention collective devant remplacer les 78 conventions existantes. Environ 1 400 000 salariés seront ainsi couverts à partir du 1er janvier 2024. La CFDT, FO et la CFE-CGC devraient signer ; seule la CGT refuse de parapher cet accord.

Par Jérôme Citron— Publié le 11/01/2022 à 13h00

Les partenaires sociaux de la métallurgie sont enfin parvenus à un accord pouvant déboucher sur une convention collective unique.
Les partenaires sociaux de la métallurgie sont enfin parvenus à un accord pouvant déboucher sur une convention collective unique.© Laurent Grandguillot/RÉA

[Mise à jour du 8 février 2022]

Historique ! Trois organisations syndicales (CFDT, FO et CFE-CGC), représentant plus de 70 % des voix, ont signé avec l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) la convention collective unique pour la branche. Cet immense chantier de simplification, négocié depuis 2016, comporte notamment une grille de qualification unique pour définir les salaires à l’échelle nationale et des avancées en matière de temps de travail, de formation et de protection sociale.
Surtout, « ce texte fixe des orientations claires sur la reconnaissance et le développement du dialogue social en entreprise et la qualité de vie au travail », estime le secrétaire général de la CFDT-Métallurgie, Stéphane Destugues. Le texte entrera en vigueur en janvier 2024 sous réserve du bon déroulement des négociations territoriales, qui doivent régler d’ici à juin 2022 ce qui n’a pu être harmonisé au niveau national.

Historique : c’est le mot qui revient pour définir le nouvel accord venant d’être finalisé dans le secteur de la métallurgie. Après cinq années de négociations, les partenaires sociaux sont parvenus au bout d’un chantier titanesque : harmoniser 78 conventions collectives (76 conventions collectives territoriales, une sectorielle pour la sidérurgie et une nationale couvrant les ingénieurs et cadres). Un tel travail n’avait pas été réalisé depuis les années 70…

Un traitement exhaustif des différentes thématiques

Tous les sujets ont été passés en revue : classification, rémunération, prime d’ancienneté, temps de travail, formation, dialogue social, protection sociale… Chaque thème faisant lui-même l’objet de discussions approfondies. Côté patronal, il y avait la volonté d’unifier les droits sur l’ensemble du territoire national pour gagner en simplicité et en lisibilité. Côté organisations syndicales, il n’existait pas de désaccord de principe à une unification des conventions collectives mais l'harmonisation ne pouvait, selon elles, se faire que par le haut.

Le résultat obtenu a de quoi réjouir les deux parties. Les négociateurs CFDT, FO et CFE-CGC n’ont d’ailleurs pas fait mystère du fait qu’ils encourageraient leurs organisations respectives à signer cet accord. Sauf coup de théâtre, seule la CGT devrait manquer à l’appel. « Nous sommes parvenus à unifier les conventions collectives en obtenant du mieux-disant social, résume Stéphane Destugues, secrétaire national de la CFDT-Métallurgie. On estime par exemple que 75 % des salariés qui sont rémunérés au minimum conventionnel devraient être gagnants. »

Et ce mieux-disant ne se limite pas au volet rémunération. En matière de protection sociale, les ouvriers verront leur couverture améliorée, tant sur les versants de la maladie que de la prévoyance. Enfin, la grille unique de classifications devrait faciliter le déroulement des carrières et le passage à la catégorie « cadres ».

Un travail de titan à mener avant 2024

Reste à présent à entamer les discussions à l’échelon territorial en vue de garantir que les spécificités locales n’ayant pas été traitées à l’échelle nationale soient maintenues et s’ajoutent en complément du cadre national pour les salariés. Car certains territoires ont négocié des droits supplémentaires au fil du temps, tels que des jours de congé supplémentaires ou une prime d’ancienneté plus favorable. Et dans les entreprises, l’heure est à la mise en plat des classifications pour les rendre compatibles avec le nouveau système. Ce travail considérable explique d’ailleurs pourquoi la convention collective unique ne s’appliquera qu’à partir du 1er janvier 2024.

À propos de l'auteur

Jérôme Citron
rédacteur en chef adjoint de CFDT Magazine

« Dans beaucoup de territoires, la négociation sociale n’était plus à la hauteur des enjeux. Il ne se passait plus grand-chose, résume Stéphane Destugues. Ce que l’on espère avec cette convention collective unique, c’est qu’elle permette à l’avenir de trouver des accords plus dynamiques et pertinents permettant de faire face aux défis économiques et sociaux qui nous attendent. »