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Extrait de l'hebdo n°3996

Après des semaines de débats particulièrement complexes et tendus, la France est enfin dotée d’un budget pour 2026. Cette adoption met un terme à une période d’incertitude institutionnelle qui pesait lourdement sur les services publics et les collectivités comme sur les salariés et les entreprises. Offrir un cadre budgétaire était, de ce point de vue, nécessaire.
Certes, sous la pression sociale et politique, les mesures les plus controversées ont été écartées ou atténuées. Mais le budget qui a été adopté reste un budget de grande dureté pour le monde du travail, pour les plus précaires et pour les services publics. Notre organisation ne peut s’en satisfaire.
Les choix budgétaires confirment une logique d’économies et de restrictions qui fragilise davantage l’ensemble des missions d’intérêt général. Une fois de plus, l’effort est demandé à celles et ceux qui ont déjà le moins de marges de manœuvre, tandis que les véritables leviers de justice et de rééquilibrage ne sont pas actionnés.
Plus fondamentalement, les grands enjeux de fond sont restés hors du débat budgétaire. La transition écologique, pourtant indispensable face à l’urgence climatique, n’a pas fait l’objet d’un investissement à la hauteur des besoins. La justice fiscale, condition essentielle de l’acceptabilité de l’impôt et de la cohésion sociale, a été une nouvelle fois renvoyée à plus tard.
Nous le réaffirmons ici clairement : la stabilité budgétaire ne peut pas se construire durablement sur l’austérité sociale et l’inaction écologique. Un autre budget est nécessaire, fondé sur une réforme fiscale plus juste, un financement ambitieux de la transition écologique et de notre autonomie stratégique. Nous devons continuer à défendre les impératifs des équilibres nécessaires entre maîtrise de la dette et du budget, justice fiscale et investissements indispensables à la croissance de demain.